Gold September : le cancer de l’enfant, un combat où chaque jour compte

ByRédaction

September 9, 2026
  • « Plus le diagnostic est posé rapidement, meilleures sont les chances de guérison », Dr Vanisha Chummun

Chaque année, une cinquantaine d’enfants sont confrontés à un diagnostic qui bouleverse toute une famille : le cancer. Mais certains signes peuvent apparaître bien avant que la maladie ne soit identifiée. En ce Gold September, médecins et associations alertent : face au cancer pédiatrique, chaque jour peut faire la différence.

Le cancer chez l’enfant reste une maladie difficile à comprendre. Pour les parents, il est souvent difficile d’imaginer qu’un enfant puisse être atteint d’une telle maladie. La Dr Vanisha Chummun rappelle que le cancer pédiatrique présente des particularités importantes. Contrairement à de nombreux cancers chez l’adulte, les facteurs de risque sont beaucoup moins clairement identifiés chez l’enfant.

Dans une petite proportion de cas, soit environ 1 à 2 %, des facteurs génétiques ou héréditaires peuvent être en cause. En revanche, il est beaucoup plus difficile d’établir un lien direct entre l’apparition d’un cancer chez un enfant et des facteurs environnementaux précis comme les pesticides, la pollution de l’air ou certains aliments.

“Le défi se situe donc aussi au niveau de la détection. Un enfant ne sait pas toujours expliquer ce qu’il ressent. C’est pourquoi l’observation des parents joue un rôle important”, affirme-t-elle.

Fièvre persistante, grosseur, douleurs : les signes à ne pas banaliser

Une fièvre chez un enfant est fréquente et ne signifie évidemment pas qu’il souffre d’un cancer. Mais lorsqu’une fièvre reste inexpliquée et se prolonge, elle mérite une attention particulière.

“Une fièvre qui persiste pendant plus de deux semaines sans cause clairement identifiée doit pousser les parents à consulter.”, lance Dr Chummun.

Selon elle, d’autres signes peuvent également attirer l’attention, une grosseur inhabituelle sur le corps, des douleurs persistantes, notamment au niveau des os, une fatigue inhabituelle ou encore un changement de l’état général de l’enfant.

“Les parents connaissent généralement le comportement habituel de leur enfant. Lorsqu’un changement persiste et semble anormal, une consultation médicale permet d’en rechercher la cause.L’objectif n’est pas de créer de l’inquiétude au moindre symptôme, mais de ne pas laisser durer une situation inhabituelle sans explication.”, afiirme-t-elle.

La leucémie en première ligne : chaque jour compte

Chez l’enfant, la leucémie aiguë figure parmi les cancers les plus fréquemment rencontrés, aux côtés des tumeurs cérébrales, du neuroblastome et de certains cancers du rein. Selon la Dr Vanisha Chummun, la prise en charge varie en fonction du type de cancer et de son stade. Elle peut associer chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie ou, dans certains cas, greffe de cellules souches et thérapies plus spécialisées.

Si la majorité des traitements sont disponibles à Maurice, certaines interventions nécessitent toutefois une prise en charge dans des centres spécialisés à l’étranger.

Pour l’oncologue, la rapidité reste déterminante dès qu’un cancer est suspecté. « Plus le diagnostic est posé rapidement, meilleures sont les chances de guérison », souligne-t-elle. Les enfants peuvent parfois mieux tolérer la chimiothérapie que les adultes, mais celle-ci reste un traitement lourd, susceptible d’entraîner des effets secondaires et nécessitant une surveillance médicale rigoureuse.

les parents sont davantage sensibilisés

Pour Karan Juglall, président d’Enn Rev Enn Sourir, la situation a évolué ces dernières années. Il constate que le cancer de l’enfant est aujourd’hui davantage évoqué et que les parents sont plus informés sur les signes auxquels ils doivent être attentifs.

Selon lui, cette évolution de la sensibilisation peut également contribuer à une détection plus précoce de certains cas. Karan Juglall explique que l’association accompagne aujourd’hui de nombreuses familles confrontées au cancer pédiatrique.

Selon les chiffres, environ 250 jeunes patients sont atteints de cancer alors que quelques 120 bénéficient du Child Cancer Scheme.

Pour le président de l’association, le soutien aux familles ne se limite pas au volet médical. Il comprend également l’accompagnement des parents face aux difficultés financières et logistiques qui peuvent apparaître tout au long du parcours.

Selon lui, alors que les chances de survie peuvent atteindre environ 80 % dans les pays développés, elles peuvent tomber à 30 %, voire 20 %, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à travers son Global Initiative for Childhood Cancer, s’est fixé comme objectif d’atteindre au moins 60 % de survie chez les enfants atteints de cancer d’ici 2030.

Lesh Groodoyal: un parcours marqué par le cancer

Atteint d’un cancer de l’œil alors qu’il était enfant, Lesh Groodoyal a connu très tôt les traitements et les inquiétudes de sa famille. À l’époque, il ne comprenait pas toujours ce qui se passait autour de lui. Mais il se souvient des réactions de ses parents.

« Je voyais les visages de mes parents. Je voyais la confusion, les inquiétudes. Je me demandais ce qui allait se passer et comment ils allaient faire pour me sauver », raconte-t-il.

Son parcours médical l’a conduit à l’étranger, où il a pu bénéficier d’un traitement spécialisé, notamment de la protonthérapie, grace au soutien d’Enn Rev Enn Sourir. L’ONG a permis à sa famille de mieux faire face aux difficultés financières liées à son traitement. Aujourd’hui âgé de 18 ans et en bonne santé, Lesh se tourne vers l’avenir. Son expérience a également influencé son choix professionnel : il souhaite devenir médecin.