Le patron d’OpenAI, Sam Altman, reconnaît que les inquiétudes face aux risques liés à l’intelligence artificielle sont légitimes, tout en appelant le public à faire confiance aux entreprises du secteur pour développer cette technologie de manière responsable. Ses propos interviennent alors que le débat sur la régulation de l’IA s’intensifie.
Lors d’une conférence organisée mardi à San Francisco par Salesforce, Sam Altman a déclaré : « Le monde devrait nous faire confiance pour faire ce qui est juste, parce que c’est la bonne chose à faire et parce que nous mesurons l’ampleur de cette responsabilité. »
Mais le dirigeant reconnaît aussi que les capacités de l’IA progressent rapidement. « Il ne faut plus autant d’imagination qu’avant pour envisager comment les choses pourraient mal tourner. Je pense que le monde a raison d’avoir peur », a-t-il affirmé.
Sam Altman défend toutefois l’autorégulation du secteur. « Nous allons réussir à bien faire les choses », a-t-il assuré, ajoutant que si les entreprises ne parvenaient pas à maintenir « la sécurité et l’alignement bien en avance sur les capacités », elles devraient « ralentir ou s’arrêter ».
Cette position fait débat. Le sénateur Bernie Sanders estime que les décisions concernant l’IA sont laissées entre les mains d’« une poignée des personnes les plus riches du monde ». L’ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, s’est également opposé à l’idée de laisser les entreprises technologiques se réguler seules.
De son côté, Jensen Huang, patron de Nvidia, estime qu’il n’est pas nécessaire d’adopter de nouvelles lois ou réglementations. Selon lui, les entreprises doivent pouvoir décider elles-mêmes du lancement de nouveaux modèles, la sécurité constituant avant tout un « problème d’ingénierie ».
Le débat reste particulièrement sensible après plusieurs alertes venues de l’industrie elle-même. Le patron d’Anthropic, Dario Amodei, a notamment appelé à ralentir le développement de l’IA et à renforcer l’encadrement gouvernemental.
Entre autorégulation, surveillance publique et inquiétudes croissantes, la question de la sécurité de l’intelligence artificielle reste donc au cœur du débat technologique.

