Optométriste de profession et photographe autodidacte par passion, Chetan Singh a trouvé à Maurice un terrain d’expression exceptionnel. Depuis plusieurs années, il explore l’île lorsque la nuit tombe, à la recherche de paysages, de lumières et de ciels étoilés capables de révéler toute la splendeur de l’univers.
Il y a, dans le parcours de Chetan Singh, un étonnant dialogue entre son métier et sa passion. Dans son quotidien d’optométriste, il s’intéresse à la vision, à la lumière et à la manière dont nous percevons le monde. La nuit venue, son regard se tourne vers un autre horizon : celui des étoiles.
Originaire de l’Inde et installé à Maurice depuis plusieurs années, Chetan Singh a progressivement développé un attachement profond pour l’île. Il en apprécie les paysages, la diversité et cette particularité de pouvoir passer, en peu de temps, d’un littoral à une montagne, d’une forêt à un phare. Autant de décors qui prennent une toute autre dimension une fois le soleil couché.
« Même si beaucoup de personnes me connaissent comme optométriste, la photographie a toujours été une passion pour moi, particulièrement l’astrophotographie », confie-t-il.
Une passion née par curiosité
Son aventure photographique commence en 2014, lorsqu’il prend un appareil photo pour la première fois. Il n’a alors aucune formation particulière ni véritable expérience dans le domaine. Il commence simplement, par curiosité, avec l’envie d’apprendre et de prendre du plaisir.
En 2016, la photographie prend une place plus importante dans sa vie. Il décide de s’y investir davantage et commence à approfondir ses connaissances, aussi bien sur le plan technique que créatif.
« La photographie a commencé comme un passe-temps, mais elle est devenue une véritable passion lorsque j’ai compris qu’il ne s’agissait pas seulement de prendre des photos. Il s’agissait de raconter des histoires et de partager des moments que beaucoup de personnes n’ont jamais l’occasion de vivre », explique-t-il.
Puis vient la découverte de l’astrophotographie. Une révélation. Se retrouver sous un ciel chargé d’étoiles, préparer minutieusement une prise de vue et voir finalement la Voie lactée apparaître sur l’écran de son appareil devient une expérience particulière. Cette discipline lui apprend la patience, la persévérance et l’importance de la préparation.
L’immensité comme source d’inspiration
Ce qui attire Chetan Singh dans l’astrophotographie, c’est d’abord l’immensité de l’univers. Chaque fois qu’il se retrouve sous un ciel étoilé, il est confronté à une réalité vertigineuse : l’être humain n’est qu’une infime partie d’un univers dont les dimensions dépassent l’imagination.
« Chaque étoile que nous voyons est un soleil en soi. Beaucoup sont probablement entourées de leurs propres planètes. Et tout cela ne concerne que notre galaxie, la Voie lactée. Lorsque l’on réalise qu’il existe des milliards d’autres galaxies au-delà, cela provoque un sentiment d’émerveillement et de curiosité difficile à décrire. »
Pour lui, l’astrophotographie ne consiste donc pas uniquement à photographier le ciel nocturne. Elle permet de transmettre une émotion et d’encourager chacun à faire une pause, à sortir de la lumière des villes et à regarder vers le haut.
Un apprentissage autodidacte
Chetan Singh est largement autodidacte. Il a développé ses compétences en lisant, en regardant des tutoriels, en expérimentant et en apprenant de ses erreurs. L’astrophotographie exige une maîtrise de nombreux paramètres : réglages de l’appareil, objectifs, mouvement apparent des étoiles, conditions météorologiques, pollution lumineuse et traitement des images.
Derrière chaque photographie se cachent souvent des heures de préparation. Avant de partir, il vérifie la météo, la phase de la Lune, la couverture nuageuse et la pollution lumineuse. Des applications astronomiques lui permettent de déterminer où et quand la Voie lactée sera visible.
Sur place, il faut ensuite trouver la composition idéale, installer le matériel, effectuer la mise au point dans l’obscurité et sélectionner les bons paramètres d’exposition. Mais malgré toute cette préparation, la nature conserve toujours le dernier mot.
« Chaque sortie présente de nouveaux défis et chaque erreur devient une occasion de progresser. Chaque photographie réussie représente des heures de planification, de patience et de persévérance. »
Maurice sous un autre ciel
Pour Chetan Singh, Maurice possède un potentiel considérable pour l’astrophotographie. Littoraux, montagnes, forêts, reliefs et phares offrent une grande diversité de compositions. La position de l’île dans l’hémisphère Sud permet également d’observer et de photographier des parties du ciel difficiles à voir depuis l’hémisphère Nord.
La pollution lumineuse représente toutefois un défi croissant. Malgré cela, plusieurs régions de l’île offrent encore des conditions favorables à l’observation du ciel nocturne. « J’espère que mon travail encouragera les Mauriciens comme les visiteurs à apprécier nos ciels étoilés et à mieux les protéger », affirme-t-il.
Son ambition est désormais de repousser les limites de l’astrophotographie à Maurice en capturant des scènes inédites et en revisitant des lieux familiers sous un angle totalement différent. Il souhaite également partager ses connaissances à travers des ateliers et des séances d’observation guidée.
À plus long terme, il rêve d’explorer certains des endroits les plus préservés de la planète, là où le ciel nocturne demeure encore largement épargné par la lumière artificielle.








