Le sergent Gautam Singh Taukoor devra comparaître une nouvelle fois devant le tribunal de Rose-Hill ce lundi 19 octobre. Arrêté dans la soirée du vendredi 9 octobre, peu après le coup de feu ayant grièvement blessé Élodie Thomas, 27 ans, à Camp-Levieux, le policier demeure en détention.
Il fait actuellement l’objet de deux accusations provisoires : Using Firearm to Intimidate, sous l’article 37(1) de la Firearms Act, et Involuntary Wounds and Blows by Imprudence, en vertu de l’article 239(1) du Code pénal.
La police s’oppose à sa remise en liberté sous caution, invoquant notamment des risques d’interférence avec les témoins, d’altération des preuves ainsi que des préoccupations concernant sa propre sécurité.
Pour rappel, lors de sa première comparution devant la Weekend Court, le samedi 10 octobre, le sergent avait été provisoirement inculpé de Possession of Firearm with Intent to Endanger Life.
Cette accusation a toutefois été rayée après consultation avec le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), puis remplacée par les deux nouvelles accusations provisoires lors de sa comparution du lundi 12 octobre. L’alcootest effectué sur le policier après l’incident s’est révélé négatif. Des prélèvements sanguins ont également été transmis au Forensic Science Laboratory pour analyse. Le sergent a par ailleurs été conduit à l’hôpital psychiatrique Brown-Séquard afin de subir une évaluation médicale et psychiatrique.
L’enquête s’étend également au comportement de trois autres policiers présents sur les lieux au moment du drame. Ces derniers ont été interdits de fonctions en raison de manquements présumés à leur devoir d’assistance à la victime. Les enquêteurs cherchent désormais à établir les circonstances exactes du tir, les réactions des policiers présents et les éventuelles responsabilités individuelles.
Hors texte : 160 arrestations, deux hommes inculpés provisoirement sous la POTA
Le bilan des arrestations liées aux incidents survenus à travers l’île s’élève à 160 personnes, dont 81 pour non-respect du couvre-feu. La police poursuit ses investigations afin d’identifier les instigateurs présumés des troubles ayant causé d’importants dégâts à des infrastructures publiques et privées entre le 12 et le 15 octobre 2026.
Dans le cadre de l’enquête, la Cybercrime Unit de la CCID a analysé un téléphone portable saisi sur une personne arrêtée. Les éléments recueillis, suivis d’investigations approfondies, ont conduit à l’arrestation de deux hommes âgés de 30 et 18 ans, originaires de Roches-Noires et de Camp-Diable. Selon les enquêteurs, ils figureraient parmi les instigateurs des incidents. Présentés devant les tribunaux de district de Rivière-du-Rempart et de Souillac, ils ont été provisoirement inculpés en vertu de l’article 8 de la Prevention of Terrorism Act (POTA). Les deux suspects ont été maintenus en détention policière jusqu’au 23 octobre 2026.

