Faux billets de Rs 1 000 : la police sur la piste d’un réseau de faux-monnayeurs

ByRédaction

September 16, 2026

Depuis près de deux semaines, les faux billets de Rs 1 000 font leur apparition dans plusieurs régions de l’île. Vendredi encore, trois nouveaux cas ont été signalés, dont deux lors de dépôts bancaires et un dans un commerce. Face à la multiplication des saisies, les enquêteurs cherchent désormais à remonter à la source. La piste d’un réseau organisé de faux-monnayeurs et l’utilisation de moyens d’impression sophistiqués sont au cœur des interrogations.

Le phénomène n’est plus anecdotique. Depuis près de deux semaines, les signalements de faux billets de Rs 1 000 se succèdent dans différentes régions de l’île. Près de deux cas seraient rapportés quotidiennement à la police . Vendredi 11 septembre, trois nouvelles affaires ont encore été enregistrées.Derrière ces saisies dispersées géographiquement, une question préoccupe désormais les enquêteurs : existe-t-il une même source alimentant plusieurs points de circulation ?

La police serait ainsi sur la piste de faux-monnayeurs qui utiliseraient des équipements d’impression modernes pour produire des coupures suffisamment ressemblantes pour circuler avant d’être détectées. L’hypothèse d’une bande organisée qui chercherait à écouler les billets dans plusieurs régions fait également partie des pistes à éclaircir.

Le procédé présumé serait relativement simple : éviter de concentrer les fausses coupures au même endroit et les injecter progressivement dans le circuit commercial, notamment à travers de petites transactions. 

Trois cas en une seule journée

À Port-Louis, une caissière de la MCB de SSR Street a découvert un faux billet lors de la vérification d’un dépôt effectué vendredi après-midi.Selon le rapport de police, une femme de 31 ans avait déposé Rs 39 905. C’est au moment du contrôle des espèces qu’un billet de Rs 1 000, portant le numéro de série BT958248, a été identifié comme contrefait.

La déposante a été entendue par la police avant d’être remise en liberté sur parole.

Quelques heures plus tard, un autre cas a été signalé à la MCB de Plaine-Verte.

Cette fois, le montant du dépôt était nettement plus important : Rs 500 000. Il avait été effectué par un homme de 35 ans, directeur d’une entreprise spécialisée dans le secteur avicole. Lors de la vérification, un billet de Rs 1 000 portant le numéro de série BZ775911 a été identifié comme étant contrefait. Là encore, l’homme a été interrogé avant d’être libéré sur parole. Ces deux affaires montrent surtout comment de fausses coupures peuvent se retrouver mêlées à d’importantes sommes d’argent avant d’être détectées lors des contrôles bancaires.

Une bouteille de Coca-Cola payée avec Rs 1 000

À Petite-Rivière, le scénario est différent et pourrait intéresser davantage les enquêteurs dans leur tentative de comprendre comment les billets sont écoulés. Vendredi matin, le propriétaire d’un commerce situé à Montée « S », à proximité de la Cold Storage, a alerté la police après qu’un homme eut tenté d’utiliser un billet de Rs 1 000 pour acheter une bouteille de Coca-Cola de deux litres. En manipulant le billet, le commerçant aurait constaté qu’il s’agissait d’un faux. Il aurait alors interpellé le client, qui aurait pris la fuite.

Des membres du public se seraient lancés à sa poursuite et auraient réussi à le rattraper avant de le remettre à la police.

Identifié comme Love Singh, un ressortissant indien de 31 ans, l’homme aurait ensuite volontairement remis aux policiers deux autres billets de Rs 1 000. L’un d’eux porterait le même numéro de série que le billet présenté au commerçant.Il a été placé en cellule policière avant d’être présenté devant la justice.

La police veut remonter jusqu’aux « printers »

Pour les enquêteurs, interpeller ceux qui tentent d’écouler les billets ne constitue qu’une première étape. Le véritable enjeu consiste désormais à identifier ceux qui se trouveraient derrière leur fabrication.

La sophistication croissante des équipements d’impression disponibles constitue un défi supplémentaire. Des imprimantes de dernière génération et des logiciels de traitement d’image peuvent permettre de produire des reproductions visuellement plus convaincantes qu’autrefois. Cela ne signifie toutefois pas que les billets saisis dans ces affaires ont nécessairement été fabriqués avec un équipement particulier : les expertises devront le déterminer. L’analyse des coupures saisies sera donc déterminante. Numéros de série, qualité du papier, impression, éléments de sécurité et similitudes entre les différents billets peuvent permettre aux enquêteurs d’établir d’éventuels liens entre les affaires.

La multiplication des cas dans plusieurs régions alimente désormais la piste d’une organisation structurée. Si celle-ci devait être confirmée, les personnes surprises avec les billets pourraient n’être que le dernier maillon d’une chaîne beaucoup plus importante.

Le schéma recherché par les enquêteurs serait alors celui d’un réseau comprenant potentiellement des fabricants, des intermédiaires et des personnes chargées d’écouler les coupures dans le commerce. La dispersion pourrait constituer une stratégie : faire circuler de petites quantités dans plusieurs endroits afin d’éviter qu’un volume important de faux billets n’attire immédiatement l’attention.