Rama Valayden et Neelkant Dulloo intègrent le FMP, annonce Paul Bérenger

ByRédaction

September 5, 2026

Le Senior Counsel Rama Valayden et l’avocat Neelkant Dulloo rejoignent le Front Militant Progressiste (FMP). L’annonce a été faite ce samedi 5 septembre par Paul Bérenger, lors d’une conférence de presse.

« Nous souhaitons la bienvenue à Rama Valayden et à Neelkant Dulloo », a déclaré Paul Bérenger, précisant qu’il pourrait y avoir d’autres arrivées au sein du FMP. Il a toutefois tenu à préciser que, pour le moment, le parti n’entend pas discuter d’un éventuel Premier ministre ni de son programme en vue des prochaines élections générales.

Le leader du FMP a expliqué que le parti vient tout juste de tenir son congrès fondateur et qu’il souhaite désormais poursuivre méthodiquement la mise en place de ses structures. Chaque région devra ainsi soumettre une liste de 30 personnes. Cette étape franchie, une assemblée des délégués sera organisée. Cette assemblée aura notamment pour tâche d’élire les 12 membres du Bureau politique. Paul Bérenger a insisté sur le fait qu’il ne souhaite pas d’une assemblée des délégués « bidon », faisant référence à celle organisée, selon lui, par Rajesh Bhagwan. « Nous voulons une vraie assemblée des délégués », a-t-il fait comprendre.

« Une situation révoltante et dangereuse »

Par ailleurs, Paul Bérenger juge « révoltante et dangereuse » la décision de renvoyer le Parlement en vacances pour deux mois, alors que plusieurs dossiers importants restent, selon lui, sans réponse.

Il rappelle qu’après une semaine de travaux parlementaires, une seule journée a finalement été consacrée à l’adoption d’une loi qu’il considère comme bâclée.

Pour le leader du FMP, cette situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs urgences nécessiteraient que le Parlement continue à siéger afin de permettre des PNQ et des Parliamentary Questions.

Il cite notamment la réforme du système de pension, autour de laquelle « la confusion continue, plus que jamais ». Il rappelle que ce dossier devrait figurer parmi les premières PNQ du leader de l’opposition.

Il évoque également la situation liée à la drogue après la mort du petit Adriano Perrine, le dossier des Chagos, la réforme électorale et l’affaire Kistnen. « Et maintenant, il faut attendre deux mois avant que le Parlement puisse siéger », déplore-t-il.

Affaire Bachoo : « Il aurait dû démissionner »

Paul Bérenger est également revenu sur la controverse entourant le ministre de la Santé, Anil Bachoo.

Il estime que le Premier ministre a publiquement contredit son ministre concernant le rôle joué par le médecin de ce dernier lors de son intervention à l’hôpital.

Pour le leader du FMP, cette contradiction aurait dû avoir des conséquences politiques. « Si le ministre Bachoo avait vraiment du respect pour lui-même, il aurait dû démissionner », soutient-il.

Paul Bérenger critique également le refus du gouvernement de mettre sur pied un Board of Inquiry pour faire toute la lumière sur cette affaire. Il estime qu’un remaniement ministériel aurait également pu être envisagé.

Le salaire du CEO de l’EDB

Paul Bérenger s’est aussi attaqué à la question de la rémunération du CEO de l’Economic Development Board.

Il affirme que, selon ses renseignements, ce responsable percevrait plus de Rs 1 million par mois, alors que la population est appelée à « se serrer la ceinture ».

Pour lui, il ne s’agit que d’un exemple parmi de nombreux abus dans la gestion des fonds publics. Il accuse le gouvernement de gaspiller l’argent public et de porter atteinte à la démocratie.

« Je ne sais pas si le Premier ministre le sent, mais il y a une nervosité dans la population », a-t-il fait ressortir, avant de qualifier à nouveau la situation de « révoltante et dangereuse ».

Chagos : « Nous ne sommes pas des colonisés »

Paul Bérenger s’est également montré très critique envers l’attitude du gouvernement sur le dossier des Chagos.

Il reproche notamment au gouvernement de ne pas accorder, selon lui, suffisamment d’importance au suivi international du dossier. Il évoque la nécessité de travailler avec l’Union africaine, la SADC et d’autres instances internationales.

Il dit avoir eu le sentiment que Maurice était traité comme si le dossier pouvait être géré avec désinvolture. « Pas pou trait nou kuma coloniser », lance-t-il, appelant le gouvernement à assumer ses responsabilités.

De son côté, le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, est revenu sur sa première PNQ. Il souligne que tous les Mauriciens doivent être soumis aux mêmes règles, comme l’a déclaré le Premier ministre lui-même au parlement.

Chetan Baboolall est également revenu sur le Road Traffic (Amendment) Bill. Il déplore que le texte ait été présenté et adopté en une seule journée, sans laisser suffisamment de temps au public et aux professionnels pour l’étudier.

Il a notamment indiqué que l’opposition n’est pas d’accord avec la clause 11(g), qui concerne les manifestations et rassemblements pouvant être considérés dans le contexte du « road rage ».

Concernant le projet de National Crime Agency Bill, il demande au gouvernement de faire circuler le texte avant son passage au Parlement afin que les citoyens puissent en prendre connaissance et formuler leurs propositions.

Joanna Bérenger : « Il faut gouverner dans le dialogue »

Joanna Bérenger a, pour sa part, réagi au Wetland Bill. Elle dénonce une nouvelle fois, selon elle, l’absence de consultation avant la présentation de certains projets de loi.

Elle estime que le gouvernement doit changer sa manière de gouverner et privilégier le dialogue avec les parties concernées.

Pour Joanna Bérenger, les mêmes erreurs se répètent : des textes sont préparés sans consultation suffisante, avant d’être présentés au Parlement. Le dossier des zones humides illustre, selon elle, la nécessité d’adopter une autre approche, fondée sur la concertation et le dialogue.