La COIREC vit ses derniers jours. Ce qui fut l’un des instruments les plus critiqués du précédent régime pour contrôler l’industrie hippique est désormais promis à disparaître. L’annonce officielle est venue du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, en réponse à une interpellation du député Franco Quirin (circonscription No 20). Pour le chef du gouvernement, la dissolution de la COIREC marque la fin d’un système façonné pour servir des intérêts privés au détriment d’un secteur vieux de deux siècles.
Depuis juillet 2025, des amendements aux articles 31 et 32 de la Gambling Regulatory Amendment Act ont ouvert la voie à une restructuration complète. Une disposition prévoit que l’entretien, le contrôle et la gestion du Champ de Mars reviennent à un organisme statutaire ou à une entreprise publique. C’est dans ce cadre que la COIREC a été placée en cours de liquidation. L’ensemble de ses actifs, passifs, engagements et responsabilités sera transféré à une entité opérante sous Landscope Mauritius, dotée d’une gouvernance clairement définie. Durant cette période transitoire, le conseil actuel supervise les opérations, veille au respect des obligations légales et assure une fermeture ordonnée.
Le Premier ministre n’a pas mâché ses mots en revenant sur les actions du précédent gouvernement. Selon lui, l’ancien régime MSM a méthodiquement affaibli le Mauritius Turf Club pour mieux imposer la COIREC comme instrument de contrôle des courses hippiques. Une démarche, affirme-t-il, motivée par des intérêts privés troubles. Il rappelle qu’une des promesses de campagne de l’Alliance de l’Espoir était de restaurer la confiance du public dans cette industrie historique, ancrée dans la culture mauricienne depuis 200 ans. La réussite du premier jour de course du 26 juillet 2025 et la forte affluence lors de la Maiden Cup sont, selon lui, la preuve que cette confiance renaît.
La COIREC, composée aujourd’hui de cinq hauts fonctionnaires, versait des honoraires mensuels de Rs 42 000 au président et Rs 15 750 aux directeurs. Depuis le 1er juillet 2025, un contrat de location de dix ans lie le MTC Jockey Club Ltd à la COIREC. L’organisateur hippique a désormais la charge totale de la gestion, de l’entretien et de la modernisation du Champ de Mars. En contrepartie, il verse une location de Rs 250 000 par journée de courses, hors TVA, assortie d’une augmentation annuelle de 5%.
Le MTC peut également exploiter commercialement l’hippodrome loyers, revenus annexes, événements sous réserve de l’accord de la COIREC, une disposition appelée à être revue après la liquidation complète.
La disparition imminente de la COIREC marque non seulement la fin d’un chapitre controversé, mais aussi le début d’une nouvelle ère pour les courses hippiques mauriciennes, fondée sur la transparence, la gouvernance et la restauration d’un patrimoine sportif et culturel.

