Naufrage du Sir Gaëtan : L’ancien Deputy Port Master jugé pour homicide involontaire par imprudence

ByRédaction

September 3, 2026
  • Rs 370 millions réclamées à la MPA par les familles de trois victimes

Six ans après le naufrage du Sir Gaëtan, la tragédie revient au premier plan judiciaire. Les 9 et 24 septembre 2026, deux volets majeurs du dossier seront examinés devant les tribunaux. D’un côté, trois actions civiles totalisant Rs 370 millions contre la Mauritius Ports Authority (MPA). De l’autre, le procès pénal de l’ancien Deputy Port Master Kavidev Newoor, poursuivi pour homicide involontaire par imprudence. Au cœur de ces procédures : la mort de quatre hommes et une question qui, six ans plus tard, reste centrale : qui porte la responsabilité du drame ?

Le 31 août 2020, le remorqueur Sir Gaëtan, appartenant à la Mauritius Ports Authority, sombrait au large de Poudre-d’Or alors qu’il participait aux opérations menées dans le sillage du naufrage du MV Wakashio.Huit personnes se trouvaient à bord. Quatre ont survécu. Quatre autres ont perdu la vie : Jimmy Sylvain Addison, Lindsay Laval Plassan, Sujit Kumar Seewoo et le capitaine Moswadeck Bheenick. Le corps de ce dernier n’a jamais été retrouvé. Il a par la suite été officiellement déclaré décédé par la Cour suprême.Six ans après cette nuit tragique, les familles attendent toujours que toutes les responsabilités soient établies.

Rs 370 millions réclamées à la MPA

Le 9 septembre 2026, trois actions civiles seront appelées devant la Cour suprême contre la Mauritius Ports Authority.La famille du capitaine Moswadeck Bheenick, représentée par sa veuve et leurs deux enfants, réclame Rs 200 millions.Les héritiers de Sujit Kumar Seewoo réclament Rs 120 millions, tandis que la veuve et les deux enfants de Lindsay Laval Plassan demandent Rs 50 millions.Au total, les réclamations atteignent donc Rs 370 millions.Au-delà des sommes réclamées, ces procédures devront permettre à la justice d’examiner les éléments susceptibles d’engager la responsabilité civile de la MPA dans les circonstances ayant conduit au drame.

Cette nuit du 31 août 2020

Le Sir Gaëtan avait été mobilisé dans le cadre des opérations entreprises après le naufrage du MV Wakashio.Le remorqueur participait notamment à une opération impliquant L’Ami Constant, une barge utilisée dans les travaux liés au nettoyage du site du Wakashio.Alors que l’opération se déroulait au large de la côte nord-est, le Sir Gaëtan est entré en collision avec la barge avant de sombrer.Le drame survenait quelques semaines seulement après le naufrage du Wakashio, alors que les autorités étaient engagées dans une vaste opération maritime d’urgence.

Une Court of Investigation, présidée par l’ancien juge Gérard Angoh, avait ensuite été instituée afin d’examiner les circonstances du naufrage, la collision, les pertes humaines et les dommages occasionnés. Son rapport a été remis au gouvernement en 2022, mais n’a pas été rendu public. Au fil des années, plusieurs interrogations ont également été soulevées concernant l’état du Sir Gaëtan, les conditions météorologiques et maritimes ainsi que la manière dont l’opération avait été préparée et organisée.

Kavidev Newoor : le volet pénal

Quinze jours après les audiences civiles, le dossier connaîtra un autre rendez-vous judiciaire important. Le 24 septembre 2026, le procès de l’ancien Deputy Port Master Kavidev Newoor se poursuivra devant la Cour intermédiaire.Il fait l’objet d’une accusation formelle d’homicide involontaire par imprudence. Le Directeur des poursuites publiques lui reproche d’avoir, par imprudence, causé la mort des quatre hommes décédés lors du naufrage.Kavidev Newoor, qui a plaidé non coupable, conteste toute responsabilité dans la tragédie.

Au cours du procès, son rôle dans l’opération du 31 août 2020 a été au centre des débats. La défense a notamment soutenu qu’il était en « local leave » le jour du drame et qu’il n’avait donné aucune instruction concernant l’opération. La poursuite cherche, pour sa part, à établir si des actes ou omissions qui lui sont imputables peuvent constituer une imprudence ayant contribué au décès des quatre victimes.Les audiences ont également porté sur ses relations professionnelles avec certains membres de son équipe et, plus largement, sur la répartition des responsabilités au sein de la chaîne de commandement portuaire.

Plus qu’un naufrage, la question des responsabilités

Six ans après, l’affaire du Sir Gaëtan dépasse désormais la seule question des circonstances techniques du naufrage.La justice devra examiner les décisions prises avant et pendant l’opération, les responsabilités des différents intervenants et les éventuels manquements ayant pu contribuer à la catastrophe.Les conditions de navigation avaient-elles été correctement évaluées ? Les procédures de sécurité avaient-elles été respectées ? La chaîne de commandement était-elle suffisamment claire ? Certaines décisions auraient-elles pu empêcher le départ du remorqueur ou éviter le drame ? Autant de questions auxquelles les différentes procédures devront tenter d’apporter des réponses.

Le 9 septembre, la Cour suprême se penchera sur les demandes civiles totalisant Rs 370 millions. Le 24 septembre, le volet pénal concernant Kavidev Newoor reviendra devant la Cour intermédiaire. Deux procédures distinctes, mais une même tragédie en toile de fond. 

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