Solaire : la WMA mise sur ses sites pour injecter jusqu’à 15 MW dans le réseau

ByRédaction

November 3, 2026

Et si les sites d’assainissement contribuaient demain à alimenter le réseau électrique ? À St Martin et à Montagne Jacquot, la WMA envisage un projet solaire capable d’y injecter jusqu’à 15 MW, avec des batteries pour stocker l’énergie. Mais avant de concrétiser cette ambition, plusieurs inconnues restent à lever : les terrains s’y prêtent-ils, à quel coût et sous quelles contraintes ? Les études devront trancher.

La transition énergétique s’invite dans le secteur de l’assainissement. La Wastewater Management Authority (WMA) envisage de développer des centrales solaires photovoltaïques de grande capacité sur ses installations de St Martin et de Montagne Jacquot, avec des systèmes de stockage d’électricité par batteries, connus sous le sigle BESS (Battery Energy Storage System). L’objectif est de préparer un projet capable de produire de l’électricité renouvelable et de l’injecter dans le réseau national, sous réserve des conclusions des études techniques, économiques et environnementales.

Trois zones ciblées

Le cahier des charges identifie trois zones potentielles : une zone non opérationnelle de la station d’épuration de St Martin, le bassin de stockage des eaux pluviales de cette même station et une zone non opérationnelle de l’installation de Montagne Jacquot.

Les capacités envisagées sont indicatives et devront être confirmées par les études. Le document prévoit une capacité d’injection de 9 MW en courant alternatif (MWac) pour la première zone de St Martin, de 1 à 2 MWac pour le bassin de stockage des eaux pluviales et de 4 MWac pour Montagne Jacquot. Le potentiel cumulé se situerait ainsi entre 14 et 15 MWac.

Au sein du Central Electricity Board (CEB), on indique que la puissance définitive des installations photovoltaïques, exprimée en courant continu, reste à déterminer. « Elle dépendra notamment de la superficie réellement exploitable, de la configuration des terrains, du rendement énergétique attendu et des contraintes de raccordement. Le dimensionnement des batteries n’est pas non plus arrêté », souligne un cadre.

Le consultant devra donc établir si les sites permettent d’accueillir ces installations dans des conditions techniques et financières viables. « Il devra examiner la topographie, la nature des sols, les risques d’inondation, les obstacles susceptibles de provoquer de l’ombre, l’accessibilité des terrains et les conditions de sécurité. La proximité des points de raccordement, les besoins en infrastructures et les éventuelles contraintes liées aux activités d’assainissement seront également déterminants », dit-il.

Le stockage, un élément clé du dispositif

L’intégration de batteries constitue l’un des volets essentiels du projet. La production solaire varie selon l’ensoleillement et ne correspond pas nécessairement aux périodes de plus forte demande électrique. Un système de stockage permet de conserver une partie de l’énergie produite pour la restituer ultérieurement.Le cahier des charges prévoit notamment d’étudier trois fonctions : le décalage dans le temps de l’utilisation de l’énergie produite (energy shifting), la réduction des pointes de demande (peak shaving) et la programmation de l’injection selon les périodes de la journée. La capacité et la puissance des batteries devront être définies en concertation avec le CEB, en tenant compte des besoins du réseau et des caractéristiques des installations. « Le raccordement au réseau constitue un autre enjeu. Pour St Martin, le document identifie un raccordement en 22 kV au poste de La Chaumière, situé à environ deux kilomètres du site. Pour Montagne Jacquot, le point de raccordement envisagé est le poste de La Tour Koenig, à quelque cinq kilomètres. Ces options devront être confirmées à l’issue des études et des échanges avec le CEB », dit-il.

Un projet dans le sillage des ambitions nationales

À Maurice, le développement du photovoltaïque raccordé au réseau s’accompagne d’un défi majeur : intégrer davantage de production renouvelable sans compromettre la stabilité et la fiabilité de l’approvisionnement électrique. Contrairement aux centrales thermiques, la production solaire dépend des conditions météorologiques et fluctue au cours de la journée.

Le stockage par batteries prend ainsi une importance croissante dans la stratégie énergétique nationale. Le CEB a déjà développé des installations de stockage à plusieurs postes électriques, portant leur puissance cumulée à 38 MW en 2024, selon les informations publiées par l’organisme.

Du côté du ministère des Services publics, on souligne que le programme d’investissement public couvrant la période de 2026-2027 à 2030-2031 prévoit, par ailleurs, l’ajout d’environ 405 MW de capacités renouvelables au réseau au cours des cinq prochaines années, avec notamment des centrales solaires équipées de batteries. Cette orientation vise à diversifier les sources de production, à réduire la dépendance aux combustibles importés et à renforcer la sécurité énergétique. Dans ce contexte, le projet de la WMA pourrait contribuer à l’augmentation de la production solaire injectée dans le réseau. Sa portée réelle dépendra toutefois des résultats de l’étude, de l’approbation du CEB, des autorisations nécessaires et de la viabilité financière de l’investissement.

Des études avant la sélection d’un entrepreneur

La mission confiée au consultant ne se limitera pas à déterminer la puissance des panneaux et le dimensionnement des batteries. Elle devra comprendre une étude de faisabilité technique, économique et financière, des investigations géotechniques ainsi qu’une étude d’impact environnemental et social conforme aux exigences nationales et aux normes internationales applicables.

Le consultant devra également préparer les plans d’ingénierie détaillés, les spécifications techniques, les quantitatifs et les documents nécessaires à la mise en concurrence des entreprises. L’objectif est de permettre à la WMA de lancer ultérieurement un appel d’offres pour la construction et l’installation des centrales selon une formule d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (Engineering, Procurement and Construction, ou EPC). Un contrat distinct d’exploitation et de maintenance pourra être envisagé en option.

Les études devront être suffisamment solides pour répondre aux exigences de diligence des autorités publiques et des éventuels bailleurs de fonds. Elles devront aussi identifier rapidement les obstacles susceptibles de compromettre le projet.

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