Raja Bundhoo : le banquier qui fait chanter ses racines bhojpuri

ByRédaction

October 19, 2026

Manager à la Maubank de Goodlands, Khalid Bundhoo, plus connu sous le nom de Raja, vient de sortir son deuxième titre en bhojpuri, « Ankh Marela », en featuring avec Ratna Pudaruth. À 43 ans, cet habitant de Pointe-des-Lascars renoue avec une passion longtemps mise de côté. Inspiré par le souvenir de sa mère et profondément attaché à la langue bhojpuri, il souhaite, à travers la musique, faire vivre cet héritage culturel et le transmettre aux nouvelles générations.

Une passion née dans l’enfance

Marié et père de quatre enfants, Avanish, 19 ans, Nayana, 7 ans, Layna, 5 ans, et Tehana, 1 an, Raja Bundhoo partage son quotidien entre sa carrière bancaire, sa famille et ses engagements sociales. La musique occupe une place particulière dans cet emploi du temps chargé et sa passion pour le chant remonte à l’enfance. Bien que personne ne chante dans sa famille, il aime déjà interpréter des chansons de Bollywood. En 2000, alors qu’il est en Lower Six au Universal College, sa participation au Music Day de l’établissement marque un tournant. Il se produit avec un orchestre invité pour l’occasion et attire l’attention de son responsable, qui décèle chez lui un potentiel prometteur.

Après avoir obtenu l’accord de sa mère, il commence à chanter occasionnellement, puis rejoint l’orchestre en 2002. Il se produit lors de mariages et d’autres événements, tout en participant à des émissions musicales de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), notamment Rang Bahaar et Pepsi Hungama. Une première expérience de la scène qui lui permet de vivre pleinement sa passion.

La banque prend le dessus

En 2006, les responsabilités professionnelles et personnelles l’amènent à mettre la musique de côté. Il tente un retour en 2009, mais ne retrouve pas ses repères. Il choisit alors de se consacrer davantage à sa carrière dans le secteur bancaire, sans pour autant oublier le chant.

La perte de sa mère, durant la période de la Covid-19, ravive toutefois ses souvenirs et son lien avec la musique. Ayant perdu son père très jeune, Raja Bundhoo a grandi auprès de sa mère et de sa sœur. Le bhojpuri était la langue parlée par sa mère au quotidien. Il demeure ainsi profondément attaché à cette langue, indissociable de son histoire familiale.

Le bhojpuri, une langue du cœur

En 2024, il décide de reprendre le micro et lance son premier titre, Thora Jile, une invitation à profiter de la vie. À travers cette chanson, il évoque le quotidien de ceux qui travaillent toute la semaine et souhaitent consacrer leurs moments libres à leurs proches. Un message auquel il s’identifie, lui qui doit lui aussi concilier obligations professionnelles et vie familiale.

En 2026, il poursuit l’aventure avec Ankh Marela, un morceau inspiré de l’univers bollywoodien et revisité en bhojpuri. Le projet prend une dimension particulière après une interview accordée à Ratna Pudaruth sur Radio Manoranjan. À la suite de cet échange, il lui propose de participer à son deuxième titre.

Soutenu par son épouse Davina, Raja Bundhoo souhaite continuer à développer son projet musical.

Transmettre un héritage aux nouvelles générations

Pour Raja Bundhoo, le bhojpuri est un héritage familial et culturel qu’il tient à préserver. « Une langue doit être parlée pour continuer à vivre », souligne-t-il, convaincu que la transmission commence au sein de la famille.

Mais faire vivre le bhojpuri à travers la musique n’est pas sans difficulté. Produire une chanson représente un investissement financier conséquent, tandis que la promotion et la commercialisation de titres dans cette langue restent compliquées. « Faire une chanson coûte cher, et c’est encore plus difficile de la commercialiser quand la chanson est en bhojpuri », fait-il ressortir. 

Au-delà de la musique, c’est un héritage qu’il souhaite laisser à ses enfants. « Même lorsque je ne serai plus là, ils pourront entendre ma voix à travers mes chansons et regarder mes clips vidéo », confie-t-il. Pour lui, ces enregistrements représenteront bien plus que des souvenirs : ils permettront à ses enfants de garder un lien avec leur père, son histoire et cette langue qui occupe une place essentielle dans sa vie. 

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