Face aux fissures et aux déformations observées sur la Ring Road Phase 1, la Road Development Authority (RDA) lance des investigations géotechniques pour en déterminer les causes et évaluer la stabilité de l’infrastructure. Les résultats devront guider les éventuelles réparations, alors que le gouvernement envisage de relancer la Phase 2 du projet.
La Ring Road Phase 1 fait l’objet d’un nouvel examen technique. La Road Development Authority (RDA) prévoit des investigations géotechniques afin de comprendre l’origine des fissures longitudinales et transversales, ainsi que des déformations constatées sur plusieurs sections de cette route.Selon nos recoupements, les investigations concerneront notamment les abords du Swami Vivekananda International Convention Centre (SVICC), la Zone 3 et le secteur compris entre le rond-point Leal et celui du SVICC. L’objectif est de déterminer si les désordres sont liés à la dégradation des matériaux, à des insuffisances de conception, à des défauts de construction, aux charges du trafic, à l’entretien ou encore à des problèmes de drainage.
Au sein de la RDA, on indique que l’exercice ne se limitera pas au constat des fissures visibles. « Il devra permettre d’établir un diagnostic technique de l’état de la route, d’évaluer l’étendue et la gravité des problèmes et de recommander les interventions nécessaires. L’objectif est également de prévenir la réapparition de désordres après d’éventuels travaux de réparation », indique un ingénieur.
Des investigations pour établir les causes
Pour mener cette évaluation, la RDA prévoit des investigations géotechniques approfondies. « Elles comprendront notamment des forages, des essais de pénétration standard (SPT), des essais pressiométriques Ménard, des prélèvements de sols, des tranchées exploratoires et des analyses en laboratoire. Des méthodes géophysiques seront également utilisées afin de mieux caractériser les conditions du sous-sol », souligne-t-il. Cette approche doit permettre de distinguer les fissures superficielles des signes susceptibles de révéler un problème plus profond. « La présence de fissures ne suffit pas, à elle seule, à déterminer la nature du risque. Les données recueillies devront établir si les désordres affectent uniquement la chaussée ou s’ils sont associés à une instabilité du terrain ou des structures de soutènement », précise l’ingénieur.
Trois secteurs prioritaires
La première phase des investigations ciblera trois secteurs : le SVICC, la Zone 3 et Leal. Les résultats permettront de déterminer les éventuelles mesures correctives. Une deuxième phase pourra être engagée si les premières conclusions sont insuffisantes ou si des examens supplémentaires s’avèrent nécessaires. Toutefois, le dossier précise que la RDA n’est pas tenue de donner des instructions pour cette seconde étape.Le rapport factuel relatif aux investigations du sous-sol devra être remis dans un délai de 120 jours à compter du démarrage des travaux.
Un suivi prévu sur douze mois
Au-delà des forages et des analyses, la RDA prévoit un programme de surveillance sur douze mois. « Des inspections seront réalisées toutes les deux semaines, soit 26 visites programmées. Des relevés répétés par LiDAR (Light Detection and Ranging), des stations totales robotisées et des jauges de fissuration permettront de mesurer les changements éventuels », souligne l’ingénieur.
Les instruments installés feront l’objet d’un suivi régulier, dont la fréquence pourra être renforcée en cas de besoin, notamment lors de fortes pluies ou de cyclones, ou lorsque des mouvements seront détectés.Ce dispositif permettra de suivre l’évolution des fissures et des structures dans le temps, plutôt que de se limiter aux résultats d’une inspection ponctuelle. Un système d’alerte est également prévu pour signaler toute évolution nécessitant une attention particulière. Les données recueillies aideront ainsi la RDA à déterminer si les désordres restent limités ou s’ils évoluent au point de nécessiter des interventions plus importantes.
2013-2014 : un précédent à ne pas négliger
Construite entre 2010 et 2013, la Ring Road Phase 1 avait été inaugurée en février 2013. Cette voie à deux chaussées, reliant le secteur de Sorèze-Montebello à celui de Guibies, à Pailles, devait offrir un itinéraire alternatif pour contourner une partie des embouteillages de Port-Louis. Le projet avait représenté un investissement d’environ Rs 1,3 milliard.
Mais en 2014, une section d’environ 75 mètres s’était effondrée. Les explications techniques avaient notamment mis en cause une couche de basalte résiduel instable située à une profondeur d’environ 20 mètres. L’eau et les infiltrations avaient contribué au glissement du terrain, entraînant la route.
Les travaux correctifs avaient nécessité une nouvelle conception, comprenant notamment des pieux et des ancrages en acier, ainsi qu’un investissement supplémentaire d’environ Rs 310 millions. La route avait finalement été remise en service en mai 2017.
Ce précédent explique l’importance d’une analyse rigoureuse des conditions du sous-sol. Il ne signifie toutefois pas que les fissures actuellement observées ont nécessairement la même origine. Les investigations commanditées par la RDA devront précisément établir les causes des désordres actuels.
La Phase 2 toujours envisagée
L’avenir de la Ring Road s’inscrit également dans les projets routiers du gouvernement. La Phase 2 a été annoncée dans le cadre du Budget 2025-2026, avec pour objectif de prolonger l’itinéraire existant et de contribuer à réduire la congestion dans la capitale.
Selon les informations obtenues auprès du ministère des Infrastructures nationales, le démarrage des travaux n’était pas attendu avant l’exercice financier 2027-2028, les études de faisabilité devant être réalisées au préalable.
« Le lancement des investigations géotechniques sur la Phase 1 ne constitue cependant pas, à lui seul, une autorisation définitive de construire la Phase 2. Il s’agit d’un exercice technique destiné à mieux connaître l’état de l’infrastructure existante et les risques éventuels », indique un cadre du ministère. Les résultats pourront néanmoins éclairer les décisions à venir en matière de sécurité, de conception et de coûts.

