Enquête /OMCA: Zaheer Peerbacus défend la transparence de sa gestion : « La restitution des fonds est un signe »

ByRédaction

November 3, 2026

Chez OMCA, la restitution de l’argent saisi nourrit l’espoir, mais ne clôt pas le dossier. Alors que la FCC poursuit son enquête, Zaheer Peerbacus sort du silence pour défendre la fondation. Et derrière les accusations financières, il décrit des tensions internes et des rivalités qui, selon lui, pourraient expliquer l’origine des dénonciations.

Cinq mois après les perquisitions dans ses locaux, de premiers développements se dessinent au sein de l’Overseas Medical Care Assistance (OMCA). Alors que l’enquête se poursuit, ses responsables ont pu de nouveau avoir accès à leurs comptes financiers. La restitution des fonds saisis par la Financial Crimes Commission (FCC) est perçue comme un signal positif pour l’ONG.  Contacté par le Journal du Dimanche, Zaheer Peerbacus, directeur de la fondation, estime que cette décision tend à conforter la position de l’organisation. « Bien que l’enquête soit toujours en cours, s’ils nous ont rendu l’argent, cela démontre qu’ils n’ont rien trouvé de suspect », soutient-il.

En mai dernier, la gestion financière d’OMCA était passée sous la loupe de la FCC après des signalements de possibles irrégularités. Les enquêteurs avaient perquisitionné des locaux à Ébène et à Forest-Side, emportant de l’argent liquide, des documents et des équipements. Leurs investigations portaient notamment sur l’origine des fonds et leur utilisation, y compris les sommes affectées aux salaires. Zaheer Peerbacus attribue, pour sa part, les dénonciations à des rivalités : « Beaucoup de personnes jalouses ne pouvaient plus nous voir avancer. »

« Se pa enn sistem pou arnak dimoune, se enn sistem pou sap la vie dimoune »

Zaheer Peerbacus voit dans ces dénonciations les traces de tensions avec d’anciens membres de l’organisation. Le directeur de la fondation, également membre du board d’OMCA Ltd, évoque notamment des personnes présentes dès les débuts, dont certains proches et membres de sa famille, qui ont depuis quitté la structure. À l’en croire, le développement d’OMCA aurait suscité des jalousies et exacerbé les rivalités. Il estime que les accusations portées contre l’ONG auraient ainsi eu pour objectif de ternir sa réputation.

Zaheer Peerbacus rejette d’ailleurs en bloc l’idée de manquements administratifs ou financiers de l’ONG. Il soutient avec force que, depuis la genèse de celle-ci, l’ensemble des opérations s’articule autour d’une transparence absolue, en stricte conformité avec les règles et les lois établies. Il rappelle notamment que les états financiers de la fondation sont soumis à des contrôles et des audits réguliers, une démarche qui vise à garantir la traçabilité des dons et à démontrer que le fonctionnement de l’OMCA reste guidé par son unique mission humanitaire.

Il soutient d’ailleurs que leur système vise avant tout à aider les patients en détresse plutôt qu’à les exploiter. « Se pa enn sistem pou arnak dimoune, se enn sistem pou sap la vie dimoune ». Il ajoute que l’organisation aurait pu simplement fermer les portes de la fondation et s’en remettre uniquement à ses activités commerciales sans que cela ne compromette sa situation financière, mais qu’elle a choisi de rester opérationnelle pour continuer à aider les Mauriciens.

Une clinique et de nouveaux services

Au-delà du dossier de la FCC, Zaheer Peerbacus met en avant le développement des activités médicales du groupe. Alors que la fondation met l’accent sur le soutien aux patients nécessitant une aide financière pour accéder à des traitements à l’étranger (overseas treatment), il précise que le groupe développe aussi sa propre assistance médicale aérienne (air medical escort), où des médecins et infirmiers qualifiés accompagnent le patient durant un vol pour assurer une surveillance clinique continue. Il évoque également les services d’ambulance et de soins à domicile (homecare), permettant notamment la prise en charge rapide de situations critiques nécessitant des soins de première urgence.

Le responsable rappelle également que le groupe a précédemment pris le contrôle d’une clinique. Il soutient que cette structure est appelée à se développer avec de nouveaux services, notamment la physiothérapie et une salle d’opération entièrement équipée, destinée à permettre des interventions par des médecins étrangers. L’objectif annoncé est de pouvoir proposer une prise en charge médicale plus large, avec une disponibilité opérationnelle 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

« Laissez-nous faire notre travail »

Pour Zaheer Peerbacus, ces développements répondent avant tout à un objectif : rendre les soins de santé de qualité plus accessibles aux Mauriciens, à des coûts abordables. Il affirme qu’OMCA a continué, au fil des années, à soutenir des patients en difficulté et à proposer des tarifs réduits aux personnes disposant de moyens limités, cela dans le seul but de promouvoir des solutions adaptées aux besoins médicaux et aux capacités financières des Mauriciens.

Pour illustrer l’ampleur de cette mission, il avance qu’OMCA Ltd a pris en charge plus de 5 000 patients depuis 2018. De son côté, la Fondation OMCA aurait apporté son aide à plus de 300 patients, pour un montant total dépassant Rs 300 millions. Il assure que la fondation entend poursuivre ses activités dans le respect des règles applicables et des procédures en cours. Malgré les polémiques, Zaheer Peerbacus appelle la population à continuer de faire confiance à l’organisation. Son souhait, insiste-t-il, est de pouvoir poursuivre cette mission d’assistance et de contribuer à un accès plus équitable aux soins de santé à Maurice.

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