La capitale malgache a vécu une journée noire hier, marquée par de violentes manifestations contre le gouvernement, sur fond de coupures d’eau et d’électricité qui paralysent la vie quotidienne. Le bilan est lourd : plusieurs morts, des dizaines de blessés et de nombreuses arrestations.
Malgré l’interdiction préfectorale, plusieurs milliers de personnes ont tenté de se rassembler sur la place d’Ambohijatovo. Un important dispositif policier a bloqué l’accès et dispersé la foule à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Mais selon la presse malgache, au moins cinq manifestants ont été tués, touchés par des tirs de type AK47. Plusieurs blessés graves ont également été recensés.
Colère populaire face aux délestages
À l’origine de la contestation : les délestages quotidiens, parfois de plusieurs heures, qui rendent la vie intenable pour les habitants. Eau, électricité, transports… rien ne fonctionne normalement, et les manifestants dénoncent le silence des autorités ainsi que l’absence de solutions concrètes.
Face à la montée de la violence, l’ambassade de France à Madagascar a publié un communiqué appelant ses ressortissants à éviter tout déplacement, notamment à Antananarivo et Antsirabe, et à rester à domicile jusqu’à nouvel ordre. A la tombée de la nuit, les violences ont pris une tournure dramatique. Supermarchés, centres commerciaux et banques ont été attaqués par des pillards. Des incendies ont été déclenchés et largement relayés sur les réseaux sociaux, tandis que les forces de l’ordre se retiraient de plusieurs quartiers.
Couvre-feu et incertitudes politiques
Le préfet de la capitale a décrété un couvre-feu jusqu’à 5 heures du matin pour tenter de contenir les débordements. Dans le même temps, un vol Air France en provenance de Paris, dans lequel pourrait se trouver le président malgache, a été dérouté vers La Réunion en raison des émeutes autour de l’aéroport d’Ivato.

