Dans un communiqué conjoint émis ce mercredi 1 novembre, Claire Le Lay, ex-présidente, et Avinash Teelock, ex-directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), affirment avoir été « limogés sans justification » le 11 novembre, par simple courriel. Les deux responsables dénoncent une décision « incompréhensible et précipitée », qu’ils soupçonnent d’être liée à la parution récente d’un article « diffamatoire et erroné » dans Week-End.
« Serait-ce cet article, dont certaines informations internes semblent avoir été fournies par le bureau de la Secrétaire permanente du ministère du Tourisme, qui aurait déclenché notre révocation ? », s’interrogent-ils dans leur communiqué.
Claire Le Lay et Teelock affirment d’abord vouloir rectifier plusieurs points qu’ils jugent « faux ou manipulés ».
« Le ministère des Finances n’a jamais refusé notre demande de voyage en classe Business », soulignent-ils.
Selon eux, la requête visait simplement à « revoir les conditions de voyage sur les vols long-courriers », compte tenu du rythme soutenu des missions à l’étranger : « Nous assurons en moyenne plus de dix rendez-vous par jour sur les salons internationaux. »
Les deux anciens responsables précisent en outre que les cadres de la MTPA utilisent principalement des billets gratuits fournis par les compagnies aériennes partenaires, en échange d’une visibilité accrue sur la destination Maurice.
« À titre d’exemple, un billet Business Maurice–Londres aller-retour revenait à moins de Rs 40 000 de taxes seulement », avancent-ils, estimant que le journaliste ayant rapporté l’affaire « n’a pas été correctement informé ».
Un événement majeur à l’origine de leur absence au WTM
Concernant leur non-participation au salon World Travel Market (WTM) de Londres, Claire Le Lay et Avinash Teelock assurent n’avoir « jamais refusé de voyager ».
Un « événement majeur » les aurait obligés à rester à Maurice quelques jours avant le départ. Ils précisent que la direction du stand mauricien à Londres avait été confiée à un manager expérimenté de la MTPA, responsable du marché britannique, et que le ministre du Tourisme ainsi que la secrétaire permanente, présents sur le salon, ont pu « assurer les rendez-vous stratégiques prévus ».
Les deux ex-dirigeants affirment désormais pouvoir révéler les véritables raisons de leur présence sur le territoire.
« Nous avons dû accueillir et protéger un témoin clé venu d’Europe à ses frais pour déposer contre l’ancien directeur et certains fonctionnaires de la MTPA », expliquent-ils.
Selon leurs dires, ce témoin aurait porté plainte au Parquet financier de Paris et à la Financial Crimes Commission (FCC) pour « un énorme cas de corruption». « Ce cas majeur dénonçant les agissements frauduleux de l’ancienne direction exigeait notre présence pour des raisons de sécurité et de confidentialité », affirment-ils.
“Un limogeage aux relents politiques”
Claire Le Lay et Avinash Teelock rappellent que leur mission à la tête de la MTPA consistait à « assainir la gestion et éradiquer les pratiques de corruption et de népotisme ».
« Notre éviction soudaine semble n’avoir qu’une seule explication : une volonté politique d’écarter deux professionnels engagés dans la lutte contre la corruption », concluent-ils.

