Crise au sein du MMM : « Je suis apolitique et je garde mon indépendance », affirme Robert Hungley 

ByRédaction

April 14, 2026

Le vice-président de la République Robert Hungley, ancien candidat et membre du MMM, revendique désormais une posture strictement constitutionnelle. Entre souvenirs de campagne et rôle actuel, il trace une ligne claire entre la politique partisane et la neutralité exigée par sa fonction.

Vous avez été membre du MMM et candidat aux élections générales à plusieurs reprises. Quelle est votre position aujourd’hui face à la crise interne du parti ?

Je suis apolitique et je garde mon indépendance. Je constate ce qui se passe dans le pays. Ni plus, ni moins. Je ne renie pas mon appartenance passée, mais j’ai quitté le MMM pour assumer une fonction constitutionnelle. La page est tournée. Je ne fais plus de politique. J’occupe une fonction constitutionnelle et je me limite à cela. Sans plus.

Vous avez été élu à l’unanimité vice-président de la République en décembre 2024. Qu’est-ce qui change pour vous ?

Ma mission est de garantir la stabilité et le bon fonctionnement de l’institution que je représente. Mon rôle n’est pas de commenter les querelles partisanes, mais d’assurer le respect de la Constitution et de participer aux débats publics sur des sujets d’intérêt général, comme la drogue ou d’autres enjeux sociaux. Je ne suis pas là pour faire de la politique.

« J’observe les débats publics avec recul, en tant que représentant de l’État et non comme acteur politique. »

Cette neutralité implique-t-elle que vous restez éloigné de tout parti ?

Exactement. Je ne suis dans aucun parti et je tiens à cette indépendance de par ma fonction. Mon travail est tout autre. Laissons les politiciens faire leur travail, moi je m’occupe de ce qui relève de ma fonction constitutionnelle.

Avant votre vice-présidence, quel a été votre parcours politique ?

J’ai été candidat aux élections générales en 2010 et 2019, respectivement dans les circonscriptions Nº 18 et Nº 4. Je n’ai pas été élu, mais ces expériences m’ont beaucoup appris. J’ai également été maire de Beau-Bassin/Rose-Hill entre 2004 et 2005. Cela m’a donné un aperçu concret de la gestion municipale et du travail avec les citoyens. 

Et maintenant ?

Aujourd’hui, mon rôle est ailleurs. Je suis vice-président de la République et je me limite strictement à mes responsabilités institutionnelles.

Comment assurez-vous la séparation entre politique et institution ?

Mon rôle, comme celui du président ou du speaker, est de garantir la continuité et la stabilité institutionnelle. Je me tiens à l’écart des luttes partisanes. Je reste attentif aux débats publics, mais strictement en tant que représentant de l’État, pas en tant que politicien. La République doit être au-dessus des querelles de partis.

« Notre crédibilité repose sur des mécanismes de gouvernance solides, transparents et pleinement opérationnels. »

Quels enseignements tirez-vous de votre expérience ?

J’ai appris qu’une fonction constitutionnelle exige de la prudence et de la sobriété. On peut influencer positivement le débat public tout en restant neutre. C’est un équilibre à maintenir, et c’est ce que je m’efforce de faire chaque jour. 

Quid des ambassadeurs issus des rangs du MMM qui sont toujours en poste ?

C’est à eux de décider. Ce n’est pas de mon ressort et je ne suis pas habilité à répondre à leur place.

Monsieur le vice-président, comment évaluez-vous la capacité de Maurice à assurer une gouvernance efficace et crédible, tant au niveau national qu’international ?

J’ai participé à un workshop sur la gouvernance la semaine dernière. Ce qui ressort, c’est que Maurice est un petit pays, mais avec des institutions capables de jouer un rôle significatif, à condition de montrer leur efficacité. Il est essentiel de démontrer que nos mécanismes de gouvernance sont solides, transparents et opérationnels, non seulement pour la population locale, mais aussi sur la scène internationale. La crédibilité de notre État repose sur notre capacité à appliquer rigoureusement les règles et à renforcer la confiance dans nos institutions.

Vous avez fait la lutte contre la drogue votre cheval de bataille. Êtes-vous satisfait des mesures mises en œuvre ?

Concernant la NADC, une nouvelle équipe est en place. Je pense qu’il s’agit d’un groupe compétent. Nous avons malheureusement perdu du temps, mais je reste confiant : la machinerie est en marche. Je suis naturellement positif. La décision de changer de direction a été prise et je suis là pour apporter tout mon soutien.

Quelle est votre espérance pour l’avenir dans la lutte contre la drogue ?

Je reste optimiste, mais il faut que chacun retrousse ses manches. La lutte contre la drogue est l’affaire de tous. Elle doit combiner prévention, traitement, réhabilitation et réinsertion. C’est un effort collectif.

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