Après une saison éprouvante, marquée par le doute, la pression et des nuits sans sommeil, Dinesh Sooful revient avec un mental d’acier et une soif intacte de réussite. Désormais deuxième jockey de l’écurie Gujadhur, il entame 2026 avec un objectif clair : retrouver les sommets au Champ de Mars. Derrière le compétiteur se cache un homme profondément ancré dans des valeurs familiales fortes. Époux de Smita et père de deux fils, Neil et Maneet, Dinesh puise dans son foyer une force essentielle. En dehors des pistes, il cultive une passion pour le football et affiche un attachement particulier au club de Liverpool, dont il suit fidèlement les performances. Le jockey mauricien se livre sans détour sur son parcours, ses ambitions et cette revanche qu’il compte bien prendre sur le destin.
Vous sortez d’une saison difficile. Dans quel état d’esprit abordez-vous ce nouveau départ ?
Je reviens avec une force décuplée. Les moments difficiles que j’ai traversés m’ont beaucoup appris, autant sur le plan mental que professionnel. J’ai choisi de retenir le positif et de laisser le reste derrière moi. Aujourd’hui, je suis affamé de victoires. Cela n’a pas été simple : j’ai connu deux mois d’insomnie, de stress intense, et cela a affecté toute ma famille. Sans leur soutien, je n’aurais pas pu tenir. Ils ont été mon pilier du début à la fin.
Quels objectifs vous fixez-vous pour cette saison au Champ de Mars ?
La régularité avant tout. Je veux ramener des gagnants de manière constante et apporter une réelle contribution à mon écurie. Chaque monte est une opportunité, et je veux progresser course après course.
« J’apprends encore chaque jour, mais je me sens désormais plus fort, plus complet. »
Avez-vous changé quelque chose dans votre préparation cette année ?
Pas de révolution, mais une discipline encore plus stricte. Je suis à l’entraînement tous les matins, sans exception, avec des séances de course en montagne. Je travaille énormément le physique, mais surtout le mental. Dans notre métier, la lucidité est essentielle.
Comment avez-vous évolué en tant que jockey au fil des années ?
J’ai gagné en maturité. L’expérience m’a appris à être plus patient et à mieux lire les courses. Je comprends aussi davantage les chevaux, leur comportement, leur psychologie. On apprend tous les jours, mais aujourd’hui, je me sens plus complet.
Votre collaboration avec l’écurie Gujadhur suscite beaucoup d’attentes. Comment s’est-elle concrétisée ?
C’est une collaboration basée sur la confiance. J’avais déjà monté pour eux en 2012, une année où ils avaient été sacrés champions. Revenir aujourd’hui, c’est une belle opportunité. Mon rôle est clair : être prêt à répondre présent et donner le meilleur de moi-même à chaque monte.
« Selukwe a une belle carte à jouer, mais les nouveaux venus pourraient bien rebattre les cartes. »
Y a-t-il des chevaux qui vous enthousiasment particulièrement cette saison ?
Oui, l’écurie compte plusieurs jeunes chevaux très prometteurs. C’est toujours motivant de travailler avec des coursiers qui ont du potentiel. Certains montrent déjà de très bonnes choses à l’entraînement.
Avez-vous déjà un sérieux prétendant pour la Duchesse ?
Montien a eu un petit contretemps, ce qui est dommage car c’est un cheval que j’apprécie beaucoup. Pour l’instant, Selukwe semble bien placé, mais il y a aussi d’autres nouveaux qui pourraient surprendre. On y verra plus clair à l’approche de l’épreuve.
Le soutien de votre entourage a visiblement été déterminant. Quelle place occupe-t-il dans votre parcours ?
Une place essentielle. Dans les moments difficiles, c’est ce soutien qui m’a permis de rester debout. Ma famille, mes amis, le public… tous ont joué un rôle clé. C’est grâce à eux que j’ai trouvé la force de continuer.
« La ferveur du public mauricien est notre plus grande force : continuez à croire en nous. »
Qu’est-ce qui vous motive encore aujourd’hui à exercer ce métier aussi exigeant ?
La passion, tout simplement. L’amour des chevaux, le goût de la compétition, l’envie de gagner et de progresser. C’est ce qui me pousse à me lever chaque matin. Et puis, il y a aussi le défi permanent de maintenir sa forme et son poids.
Quel message souhaitez-vous adresser aux turfistes mauriciens ?
Un grand merci. Leur soutien est précieux. Nous donnons le meilleur de nous-mêmes pour offrir de belles courses. Continuez à croire en nous et à soutenir les jockeys mauriciens. Votre ferveur fait toute la différence.
Et à vos fans, plus particulièrement ?
Merci du fond du cœur. Je ferai tout pour vous rendre fiers cette saison. À chaque fois que je serai en selle, je donnerai le maximum.

