L’affaire Yogeshwaree Bhunjun prend une tournure de plus en plus troublante. Près d’un mois après la disparition de cette mère de famille de 37 ans, trois hommes arrêtés dans le cadre de l’enquête affirment que le Dr Arvind Ramchurn aurait lui-même commandité le crime. Des accusations lourdes qui plongent l’enquête dans une nouvelle dimension et alimentent l’inquiétude, voire l’effroi.
Les faits remonteraient au 23 février, au domicile du couple à Fond-du-Sac. Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT), une violente dispute aurait éclaté entre la victime et son compagnon. Le médecin soupçonnait Yogeshwaree Bhunjun d’entretenir une relation extraconjugale. Ce qui aurait commencé comme une confrontation verbale aurait rapidement dégénéré.
Dans des circonstances encore floues, la trentenaire aurait reçu une injection qui lui aurait été fatale. Accident, geste impulsif ou acte prémédité ? À ce stade, les enquêteurs tentent toujours d’établir la chronologie exacte des événements.
Un plan de dissimulation bien orchestré ?
C’est toutefois la suite qui suscite le plus de choc. Selon les déclarations de certains suspects Fadhill Hoossen Dulloo, Mamad Imteaize Peeroo et Khalif Ul Ahmad Raffick le médecin les aurait contactés après le décès de la victime. Leur rôle présumé : faire disparaître le corps.
D’après les éléments recueillis, la dépouille aurait été déplacée à travers plusieurs véhicules, dans une opération décrite comme méthodique. Le corps aurait ensuite été transporté jusqu’à la plage de Case-Noyale, avant d’être embarqué sur une pirogue et jeté en mer. Des sources proches de l’enquête évoquent même la possibilité que le corps ait été lesté afin d’éviter qu’il ne remonte à la surface.
Malgré les recherches intensives menées par les plongeurs de la National Coast Guard, aucune trace de la victime n’a été retrouvée à ce jour.
Les preuves technologiques au cœur de l’enquête
Pour tenter d’y voir plus clair, les enquêteurs s’appuient sur les images du système Safe City afin de retracer les déplacements des véhicules impliqués. En parallèle, les téléphones portables des suspects sont analysés en profondeur. Les données de localisation et les échanges pourraient confirmer certaines versions… ou révéler des contradictions majeures.
De leur côté, certains suspects affirment être arrivés au domicile alors que Yogeshwaree Bhunjun était déjà décédée. Ils soutiennent ne pas être impliqués dans la mort elle-même, mais uniquement dans le transport du corps. Une ligne de défense qui devra être confrontée aux preuves matérielles.
Une défense qui conteste
Face à ces versions contradictoires, la défense du Dr Arvind Ramchurn, assurée par Me Rama Valayden, conteste toute implication dans un meurtre. L’avocat affirme qu’à ce stade, son client ne fait l’objet d’aucune accusation formelle. Il avance également que les suspects auraient été sollicités pour intimider des individus fréquentant le domicile du couple, une explication qui peine toutefois à dissiper les soupçons.
Témoignages glaçants et douleur d’une famille
Pendant ce temps, la famille de Yogeshwaree Bhunjun vit dans une attente insoutenable. L’absence de corps, l’incertitude et les révélations successives rendent le deuil impossible.
Son père, bouleversé, confie ne toujours pas comprendre ce qui est arrivé à sa fille.
« Nou krwar li pa krwar nou zanfan pou krwar li… nou bizin kone laverite », lâche-t-il, la voix brisée.
Une proche ajoute : « Li ti enn dimounn trankil… li pa ti kontan koz lor so problem. Me nou krwar li ti pe viv keksoz difisil an silans. »
Certains membres de l’entourage évoquent également une plainte pour violence domestique déposée par le passé, sans que cela n’ait permis d’éviter le drame.
Le portrait troublant d’un médecin
Au cœur de cette affaire, le profil du Dr Ramchurn intrigue et dérange. Médecin respecté, discret, il apparaît aujourd’hui sous un jour radicalement différent. « Personn pa ti krwar keksoz koumsa kapav arive… », glisse un voisin encore sous le choc.
Dans cette tragédie, deux enfants en bas âge trois ans et neuf mois se retrouvent aujourd’hui plongés dans une situation dramatique. Ils ont été confiés temporairement à une connaissance du médecin, tandis que des spécialistes ont été sollicités pour évaluer leur état psychologique.
Une vérité encore enfouie
L’enquête, elle, se poursuit. Entre accusations croisées, analyses techniques et témoignages bouleversants, les autorités tentent de reconstituer le puzzle d’une affaire aussi complexe que glaçante. Mais pour les proches de Yogeshwaree Bhunjun, une seule chose compte désormais : que toute la vérité éclate. « Nou pa pou arete ziska ki laverite sorti. »

