• Les policiers seront auditionnés “under warning”
Une découverte pour le moins troublante dans un véhicule de police secoue actuellement les forces de l’ordre. Des doses d’héroïne et de drogues synthétiques ont été retrouvées dissimulées dans un véhicule de service, alors que celui-ci se trouvait en réparation dans un garage à Pailles. L’affaire, désormais entre les mains de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU), prend une dimension encore plus sensible avec l’existence de plusieurs plaintes déjà déposées auprès de la Financial Crimes Commission (FCC) contre cette unité.
Une simple réparation qui tourne au scandale
Tout commence le jeudi 2 avril 2026, lorsqu’un mécanicien, chargé d’inspecter un véhicule de police dans un atelier automobile de Pailles, remarque un élément suspect. Le véhicule, un Mitsubishi L200 immatriculé 306 RM 18, avait été amené pour des travaux mécaniques.
Lors d’un contrôle de routine, son attention est attirée par un objet dissimulé dans le compartiment à lunettes. En y regardant de plus près, il découvre un sachet soigneusement caché, dont le contenu semble suspect. Sans tarder, les autorités sont alertées.
Les éléments de l’ADSU interviennent rapidement et procèdent à la saisie du colis. Celui-ci se présente sous la forme d’un sachet refermable portant l’inscription « Ministère de la Santé et du Bien-Être ».
À l’intérieur, 25 morceaux de papier aluminium soigneusement pliés sont retrouvés. Deux d’entre eux sont ouverts sur place, révélant des substances suspectées d’être des drogues dangereuses. Les premières analyses confirment la présence de produits illicites : huit doses d’héroïne, dix-sept doses de cannabinoïdes synthétiques, ainsi qu’un fragment contenant une substance brunâtre.
Le poids brut est estimé à 1,13 gramme pour l’héroïne et 3,52 grammes pour les cannabinoïdes. Les pièces à conviction sont immédiatement sécurisées puis transférées aux bureaux de l’ADSU pour les besoins de l’enquête.
Une unité déjà visée par plusieurs plaintes
Très vite, les investigations révèlent que le véhicule appartient à une Special Team basée au poste de police de Trou Fanfaron, opérant dans la région de Port-Louis Nord. Cette unité, chargée notamment de patrouilles et du contrôle des activités informelles, n’en serait pas à sa première controverse.
Plusieurs plaintes auraient déjà été déposées auprès de la FCC, dénonçant des pratiques jugées préoccupantes. Ces signalements, aujourd’hui remis en lumière, alimentent les soupçons autour du fonctionnement de cette équipe. Le véhicule aurait été conduit au garage par un membre de l’unité, identifié comme le Police Sergeant B.
Une hiérarchie sous pression
L’affaire prend une tournure encore plus délicate avec les révélations visant le responsable de cette unité, l’ASP Domun. Selon plusieurs sources, cet officier ferait déjà l’objet d’investigations internes à la suite de dénonciations sérieuses.
Parmi les accusations évoquées figurent des comportements jugés contraires à l’éthique, notamment des incidents où des membres de l’équipe auraient pris des produits dans un commerce de Baie du Tombeau sans les payer. D’autres allégations évoquent une possible tolérance, voire protection, de certaines activités illégales.
Des critiques internes pointent également une gestion jugée inéquitable des ressources humaines. L’unité dirigée par cet officier aurait été, à plusieurs reprises, épargnée lors d’opérations exigeantes, notamment lors d’événements majeurs comme les élections nationales, tandis que d’autres unités se retrouvaient en première ligne.
Ce déséquilibre aurait contribué à un malaise grandissant au sein de la division Metro North, où certains policiers dénoncent une charge de travail inégalement répartie.
Une enquête sous haute tension
Plus troublant encore, certaines sources évoquent l’implication de membres de cette équipe dans des activités privées parallèles, soulevant des interrogations sur leur disponibilité et leur engagement au sein des forces de l’ordre.
L’enquête menée par l’ADSU devra désormais établir comment des substances illicites ont pu se retrouver dans un véhicule de police. Les policiers affectés à cette unité devraient être entendus dans les prochains jours afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
Des prélèvements d’ADN ont été effectués dans le véhicule afin d’identifier le dernier utilisateur ayant manipulé la drogue, une étape clé pour remonter la chaîne de responsabilité. Parallèlement, les registres de saisies de l’unité de Port-Louis Nord seront passés au peigne fin afin de vérifier si ces doses correspondent à une opération récente ou à des éléments déjà répertoriés.

