Adrien Duval, président du Public Accounts Committee a officiellement remis à la Présidente de l’Assemblée nationale le Special Report du Public Accounts Committee concernant le ministère de la Santé portant sur le stockage et l’entreposage des médicaments et des fournitures médicales par la Central Supplies Division du ministère de la Santé et du Bien-être.
Ce rapport spécial fait suite à l’examen des Rapports du Directeur de l’Audit pour les années financières 2021 à 2024, ainsi qu’aux deux visites de sites effectuées par le PAC en septembre et octobre 2025.
Au cours de ses travaux, le Comité a relevé plusieurs préoccupations sérieuses concernant notamment les conditions d’entreposage, la gestion des stocks, la sécurité, l’état des infrastructures et la conservation des médicaments et produits médicaux destinés aux patients du service public.
Le rapport met en lumière de graves dysfonctionnements dans la gestion du stockage des médicaments et fournitures médicales sous la responsabilité de la Central Supplies Division (CSD), dénonçant des conditions jugées « déplorables », une absence de système de gestion des stocks fiable et des pertes financières substantielles.
Selon les constats du comité, les entrepôts climatisés de New Grove, pourtant conçus pour la conservation de médicaments sensibles, fonctionnent largement en dessous de leur capacité réelle. Cette situation survient alors même que le ministère invoque régulièrement un manque d’espace de stockage pour justifier ses difficultés opérationnelles, un paradoxe relevé par les parlementaires.
Médicaments périmés stockés
Le rapport souligne également la présence prolongée de médicaments périmés stockés aux côtés de produits encore utilisables. Les responsables ont expliqué que leur élimination nécessite des autorisations techniques du ministère de l’Environnement et des procédures de gestion des déchets. Toutefois, le comité déplore que ces démarches administratives entraînent des délais importants, parfois supérieurs à dix mois, conduisant à l’encombrement prolongé des espaces de stockage climatisés par des produits inutilisables. Le gaspillage lié aux médicaments périmés est estimé à plus de Rs 213 millions sur les trois derniers exercices financiers, un montant qualifié d’« inacceptable » par le comité.
Sur le plan logistique, le rapport met en évidence l’absence d’un système informatisé fiable de gestion des stocks. Le système électronique d’inventaire (EIMS), censé permettre un suivi en temps réel via code-barres, est décrit comme totalement inefficace en raison de problèmes d’infrastructure tels que le manque d’électricité, l’absence de connectivité réseau et l’impossibilité d’installer des équipements dans certains bâtiments jugés vétustes. En conséquence, la gestion des stocks repose encore sur des registres papier et la mémoire du personnel, augmentant les risques d’erreurs, de pertes et de mauvaise gestion.
Les conditions de stockage dans les entrepôts de Plaine Lauzun sont également vivement critiquées. Le comité rapporte la présence de graves infestations de rongeurs dans plusieurs des installations, notamment dans la section C où sont stockés des produits sensibles tels que des perfusions, sirops et solvants. Des ouvertures structurelles, des dégradations avancées, de l’humidité et des moisissures ont été observées. Il est également indiqué que certaines boîtes de médicaments sont régulièrement endommagées par les rats.
Entrepôts fonctionnent sans électricité
Plus alarmant encore, le rapport note que ces entrepôts fonctionnent sans électricité et avec un éclairage insuffisant, ce qui complique les opérations de surveillance et de manutention. Le comité estime que le stockage de médicaments destinés aux hôpitaux publics dans de telles conditions représente un risque sanitaire sérieux.
Le document établit également un lien préoccupant avec la situation sanitaire nationale, évoquant une épidémie de leptospirose associée aux rongeurs, avec plusieurs cas et décès rapportés. Dans ce contexte, la persistance de conditions de stockage insalubres est jugée particulièrement préoccupante.
Par ailleurs, le comité critique l’absence de planification cohérente du stockage, décrivant une gestion désorganisée des espaces disponibles. Des médicaments périmés occupent des locaux climatisés de haute valeur, tandis que des produits essentiels comme les solutions de dialyse ou les équipements médicaux sont entreposés dans des bâtiments détériorés et infestés.
Le rapport met aussi en évidence des défaillances administratives concernant les anciens bâtiments utilisés pour le stockage, notamment l’absence de preuves de demandes officielles d’installation électrique ou de certificats clairs de condamnation des structures. Certaines installations auraient été occupées sans mise aux normes adéquates.
Le comité estime que les dépenses liées à ces dysfonctionnements sont considérables, incluant environ Rs 83,3 millions en loyers et services de sécurité et de nettoyage sur trois ans, ainsi que Rs 28,6 millions en frais de stockage et de surestaries liés au manque d’infrastructures centralisées.
Le rapport conclut que l’ampleur des pertes financières, combinée à la valeur stratégique des stocks pharmaceutiques, exige une réforme urgente du système de stockage, une modernisation de la gestion des inventaires et une mise en conformité stricte des normes de conservation des médicaments.

