Leptospirose : le ministre confirme que le dernier décès concernait un patient déjà mort à son arrivée à l’hôpital

ByRédaction

May 12, 2026

Répondant à la Private Notice Question du Leader de l’Opposition, le ministre de la Santé a dressé un tableau détaillé de la situation des principales maladies infectieuses touchant le pays.

Concernant les données épidémiologiques, le ministre a indiqué que 2 816 cas locaux de chikungunya ont été enregistrés, dont 102 cas encore actifs, ainsi que cinq cas importés, tous guéris. Pour la dengue, il a fait état d’une situation relativement stable avec un seul cas local et six cas importés, tous rétablis. Il a rappelé qu’en 2024, le pays avait enregistré 9 393 cas de dengue avec 8 décès, contre 55 cas en 2025 sans aucun décès.

S’agissant de la leptospirose, le ministre a confirmé 21 cas déclarés et 6 décès, tous associés à des formes sévères de la maladie et à des comorbidités importantes. Il a été particulièrement interrogé sur le sixième décès signalé.

Le ministre a précisé qu’il s’agissait d’un patient provenant de la région de Bamboo qui, selon ses explications, était déjà décédé à son arrivée à l’hôpital. Il a souligné que le patient avait été amené dans un état critique, voire sans vie, ne permettant aucune prise en charge médicale. Le diagnostic de leptospirose a été confirmé après analyses, répétées à plusieurs reprises. Le ministre a insisté sur le fait que ces cas illustrent des situations de présentation très tardive, souvent aggravées par des pathologies préexistantes.

Interrogé sur le taux de mortalité et sa comparaison avec les standards internationaux, le ministre a soutenu qu’une comparaison directe avec d’autres juridictions, notamment La Réunion, devait être faite avec prudence. Il a expliqué que les différences de systèmes de surveillance, de définition des cas, de délais de consultation et de profils de patients influencent fortement les taux observés. Il a également mis en avant la prévalence élevée de maladies chroniques à Maurice, notamment le diabète, qui, selon lui, aggrave les issues cliniques des infections sévères.

Le ministre a également indiqué qu’un exercice de revue clinique et d’analyse des décès a déjà été entrepris par des experts locaux, et qu’un rapport sera soumis à l’Assemblée nationale.

Sur la question de la prolifération des rongeurs et de son lien avec les cas de leptospirose, le ministre a reconnu l’importance des facteurs environnementaux, tout en affirmant que des campagnes intensives de nettoyage, de gestion des déchets et de lutte anti-rongeurs sont en cours à travers les collectivités locales.

Abordant la question des mesures de prévention, le ministre a détaillé les actions de lutte antivectorielle, notamment la libération hebdomadaire d’environ 100 000 moustiques stériles, les opérations de pulvérisation, ainsi que le traitement de plus de 100 000 sites avec des larvicides. Il a également insisté sur les campagnes de sensibilisation menées auprès du public et des travailleurs exposés.

Concernant les dispositifs de surveillance aux frontières, il a assuré que des contrôles sont systématiquement effectués aux aéroports et au port, avec un suivi des voyageurs en provenance de zones à risque et une coordination avec les autorités sanitaires internationales.

Interrogé par le député Dr Farhad Aumeer sur la préparation face aux risques de maladies émergentes telles que le hantavirus, le ministre a indiqué que son ministère maintient une vigilance renforcée, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé et des laboratoires de référence régionaux, et que des mécanismes de diagnostic et de réponse rapide sont en place en cas de suspicion.

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