Nandanee Soornack : « kan sa l’envie kozé pran twa ! »

ByRédaction

May 25, 2026

On l’avait presque oubliée. Non pas par ignorance, mais parce que, pour beaucoup, son nom reste associé à une période sombre de la vie politique mauricienne. Pourtant, Nandanee Soornack tente aujourd’hui de revenir au-devant de la scène. Ce retour oblige à revisiter son parcours, le rôle qu’elle a joué et les torts qu’on lui impute, là où ses actes et leur perception publique demeurent les plus parlants.

« Sa vie privée ne nous intéresse pas »

D’emblée, un observateur politique rappelle qu’il convient de préciser que « sa vie privée ne nous intéresse pas » et que « ni son ascension dans la vie, ni ce qu’elle appelle sa descente ne nous interpellent ». Dans un pays de 1,3 million d’habitants, « chacun a ses problèmes » et « Nandanee Soornack est un cas parmi tant d’autres ». Ce n’est donc ni la femme, ni son intimité qui sont en cause, mais plutôt l’usage politique, symbolique et médiatique de sa personne.

L’illusion d’un pouvoir parallèle

Au summum de son influence, « Nandanee Soornack a fait croire à plusieurs personnes qu’elle avait des pouvoirs qu’en réalité, elle n’en avait pas ». Elle aurait voulu faire croire « que le centre du pouvoir était autour d’elle et qu’elle était le pouvoir, ce qui n’était pas vrai ».

De cette construction est née une véritable cour autour de sa personne. Beaucoup ont commencé à croire qu’il fallait graviter autour d’elle pour bénéficier de certains privilèges ou avantages. C’est là, selon plusieurs observateurs, une première faute politique : avoir entretenu, voire encouragé, l’illusion d’un pouvoir parallèle au détriment des institutions.

« Elle a fait plus de tort que de bien »

Une autre critique vise directement son rôle au sein du Parti Travailliste. « Nandanee Soornack a mal utilisé sa présence comme agent du Parti Travailliste. Elle a fait beaucoup plus de tort qu’elle n’a servi cette formation politique. » Certains vont même plus loin en estimant que les défaites électorales de 2014 et 2019 portent fortement l’empreinte des dérives associées à son influence. Selon cet observateur, « sans ses excès et ses dérives, jamais le MSM ne serait revenu au pouvoir ».

Une analyse évidemment discutable politiquement, car une défaite électorale ne repose jamais sur une seule personne. Mais cette perception révèle une réalité importante : dans l’imaginaire collectif d’une partie de l’électorat, Nandanee Soornack a fini par incarner les excès du pouvoir, les abus de proximité et une certaine arrogance politique de l’époque.

Une tentative de retour qui passe mal

Selon plusieurs observateurs, à chaque période difficile, Nandanee Soornack tenterait de revenir sur le devant de la scène afin de regagner la sympathie de la population. Mais cette fois-ci, la stratégie semble ne pas avoir produit l’effet espéré.

Il est notamment souligné que, lors des émissions radios du samedi matin, très peu d’intervenants ont pris sa défense. Le fossé entre sa volonté de revenir au centre du débat public et la méfiance d’une partie de la population semble aujourd’hui encore plus profond. « Les Mauriciens savent ce qu’elle représente », affirme un observateur politique, évoquant le tort causé, selon lui, au pays, au Parti Travailliste et même à l’ancien Premier ministre sur le plan humain et politique.

« Une page tournée »

Dans cette tentative de retour, Nandanee Soornack mise une nouvelle fois sur l’exposition médiatique à travers interviews, apparitions et chansons. « Qu’elle fasse ses chansons et ses interviews si elle estime être une rock star. Qu’elle aille raconter son histoire dans les grands magazines européens. Mais ici, on connaît la vérité », affirme cet observateur.

L’image utilisée est particulièrement dure : celle d’une ancienne figure influente devenue aujourd’hui une « has-been » refusant d’accepter sa mise à l’écart. « C’est une page que la population a tournée. C’est une page que le Parti Travailliste a brûlée », ajoute-t-il.

Plusieurs voix soutiennent également que le Parti Travailliste aurait perdu, au fil des années, plusieurs éléments valables à cause du climat créé autour de Nandanee Soornack et de l’influence qu’on lui prêtait. « Beaucoup ont quitté alors qu’elle n’était officiellement rien », souligne un politicien.

Au-delà de la sévérité du jugement, ce discours traduit surtout le malaise qu’aurait provoqué l’impression d’un cercle d’influence informel gravitant autour du pouvoir.

« Le pays ne veut pas d’une version 2.0 »

Aujourd’hui, certains reconnaissent qu’elle puisse avoir des problèmes administratifs ou personnels à régler. Mais ils estiment également qu’elle ne doit plus entraîner le pays dans des polémiques sans fin. « La population respire et on ne veut pas vivre une Nandanee Soornack 2.0 », lance un observateur. 

La recommandation qui lui est adressée est claire : faire preuve de discrétion. « Elle ne peut plus agir comme en 2013 ou 2014, lorsqu’on voyait sa voiture stationnée sur le parking réservé aux juges de la Cour suprême. Tout cela a donné une très mauvaise image du pays », affirme-t-il. Ces scènes, largement commentées à l’époque, ont contribué à alimenter l’idée de passe-droits et d’une proximité excessive avec certaines sphères du pouvoir.

S’il y a une leçon à retenir pour la classe politique comme pour ceux qui gravitent autour du pouvoir, c’est peut-être celle-ci : aucun individu ne peut durablement se substituer aux institutions.

Toute tentative de personnaliser excessivement le pouvoir finit presque toujours par se retourner contre ceux qui l’exercent, comme contre ceux qui pensent pouvoir en profiter.

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