Coup de tonnerre au sein de la Financial Crimes Commission (FCC). À peine trois mois après sa nomination, son désormais ex-commissaire, Junaid Haroon Fakim, se retrouve dans le viseur de ses anciens collègues. L’avocat, spécialiste reconnu en droit financier et en conformité réglementaire, sera interpellé dans les heures à venir pour des soupçons d’entente délictueuse et de corruption dans le cadre de l’affaire Mamy Ravatomanga.
Alors qu’il devait s’envoler ce lundi pour un court séjour à l’étranger, une interdiction de quitter le territoire a été émise à son encontre. Officiellement, Junaid Fakim a justifié sa démission soudaine de samedi par des « raisons personnelles ». En réalité, selon des sources concordantes, il aurait été poussé vers la sortie à la suite d’une réunion d’urgence convoquée vendredi soir par la direction générale de la FCC.
Lors de cette réunion spéciale, les membres de l’état-major ont évoqué des informations troublantes : le haut fonctionnaire aurait entretenu des contacts directs avec l’entourage du milliardaire malgache Mamy Ravatomanga, actuellement au cœur d’une enquête tentaculaire sur le blanchiment de plusieurs centaines de milliards de roupies via des circuits bancaires et offshore mauriciens.
Parmi les noms cités figure celui de Nasser Bheeky, un proche du Parti travailliste, interpellé vendredi dans la même affaire. Selon les enquêteurs du Réduit Triangle, des échanges sensibles auraient eu lieu entre lui et Junaid Fakim concernant l’évolution du dossier Ravatomanga, actuellement considéré comme l’un des plus gros scandales financiers jamais instruits à Maurice.
Informé de ces développements, le Premier ministre par intérim a été briefé hier sur les mesures prises : une interpellation imminente de l’ancien commissaire, suivie d’un possible placement en détention.

