En visite pour la première fois à Maurice à l’occasion des célébrations d’Onam et de l’India–Mauritius Business Conclave 2026, Chandy Oommen, membre de la Kerala Legislative Assembly pour Puthuppally et fils de l’ancien Chief Minister du Kerala, Oommen Chandy, s’est entretenu avec Le Journal du Dimanche sur les perspectives de coopération entre le Kerala et Maurice. De la diaspora au tourisme, de l’économie bleue aux technologies, en passant par l’Ayurveda et les services aux personnes âgées, il identifie plusieurs secteurs dans lesquels les deux territoires pourraient renforcer leurs échanges.
Au-delà des rencontres officielles et des échanges économiques, le député de Puthuppally dit avoir apprécié la découverte de Maurice et de ses différents paysages.
« C’est une très belle expérience », confie-t-il, évoquant notamment les plages et les différents sites visités. Mais ce qui semble surtout l’avoir marqué, c’est la diversité culturelle et la manière dont les différentes communautés y vivent ensemble. « Ce que j’aime, c’est cette capacité à accepter les différences et à faire vivre un mélange de cultures », souligne-t-il. Cette proximité culturelle constitue justement, selon lui, l’un des fondements sur lesquels peuvent se construire de nouvelles relations entre les deux pays .
Des intérêts communs dans plusieurs secteurs
Pour Chandy Oommen, les relations entre les deux territoires ne doivent toutefois pas se limiter aux liens culturels et à la diaspora. Elles peuvent également trouver de nouveaux prolongements dans l’économie et les affaires.
Il cite notamment l’économie bleue, un secteur qui présente un intérêt particulier pour le Kerala compte tenu de sa longue façade maritime. Le développement des activités liées à la mer, des infrastructures portuaires et des services associés représente, selon lui, un domaine dans lequel les échanges d’expériences peuvent être utiles.
Mais un autre secteur retient particulièrement son attention : celui de la silver economy, liée aux besoins d’une population vieillissante. Chandy Oommen explique que le Kerala fait face à une situation particulière. Une partie importante de sa population active vit à l’étranger, tandis que des parents et des personnes âgées restent au pays.« Nous avons des enfants qui vivent à l’étranger et des parents qui restent seuls au Kerala », explique-t-il. Cette réalité crée de nouveaux besoins en matière de soins, d’accompagnement et de services destinés aux personnes âgées. Pour lui, cela peut également devenir un véritable secteur économique, avec la formation de professionnels spécialisés et le développement de services adaptés.
Maurice comme passerelle vers l’Afrique
Dans le contexte de l’India–Mauritius Business Conclave, la question des marchés africains a occupé une place importante.Maurice cherche à se positionner comme une plateforme permettant aux entreprises indiennes d’accéder au continent africain. Chandy Oommen estime que les entreprises du Kerala pourraient, elles aussi, explorer cette possibilité, notamment dans des secteurs où l’État dispose déjà d’une expertise.
La santé, le tourisme, les technologies de l’information et les services professionnels figurent parmi les domaines susceptibles de bénéficier de cette ouverture.
Le numérique et la création d’emplois
Le secteur des technologies constitue également un axe de développement pour le Kerala. Chandy Oommen rappelle que l’Inde dispose d’un secteur des technologies de l’information en pleine croissance et qu’il souhaite voir cette industrie prendre encore davantage d’ampleur.
Il estime que les entreprises technologiques du Kerala peuvent également regarder au-delà du marché indien et développer de nouveaux partenariats internationaux, notamment à travers des plateformes comme Maurice.
Tourisme, bien-être et Ayurveda
Le tourisme constitue un autre domaine dans lequel Chandy Oommen voit un potentiel de coopération important. Il évoque les similitudes entre les deux destinations. Le Kerala est souvent surnommé « God’s Own Country », tandis que Maurice est connue comme une « paradise island ». Deux destinations différentes, mais qui partagent, selon lui, une richesse naturelle et culturelle susceptible de favoriser davantage d’échanges dans le domaine du tourisme.
Le député évoque également les possibilités offertes par le secteur du bien-être, un domaine dans lequel le Kerala dispose d’une expertise reconnue, notamment à travers l’Ayurveda, le yoga et différentes pratiques liées au bien-être.
Il se dit ouvert à l’exploration de nouvelles possibilités de partenariat avec Maurice dans ce secteur, qu’il s’agisse d’échanges de savoir-faire, du développement de nouvelles offres de tourisme de bien-être ou encore de projets communs.
« Nous sommes ouverts à explorer et à développer des partenariats dans ce domaine », souligne-t-il, estimant que l’expertise du Kerala pourrait également permettre aux Mauriciens de mieux découvrir les bienfaits de l’Ayurveda et les différentes approches du bien-être développées dans cet État indien.

