Une nouvelle ère agricole semble s’amorcer. Grâce à une initiative de la Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI), les algues, longtemps considérées comme des déchets encombrants sur les plages mauriciennes, sont aujourd’hui réhabilitées en fertilisant naturel prometteur.
Cette semaine, une première session de formation dédiée au compostage d’algues a réuni une cinquantaine de participants – agriculteurs, planteurs, jeunes entrepreneurs et techniciens – à la station de recherche de Belle Mare. L’objectif : transmettre les connaissances nécessaires pour transformer les algues échouées en compost organique, riche en nutriments, apte à améliorer la santé des sols et à renforcer la résilience des cultures locales.
Soutenue par le ministère de l’Agro-industrie, cette initiative s’inscrit pleinement dans les objectifs du Smart Agriculture Programme – Phase 3. Le ministre Arvin Boolell, présent lors de la session aux côtés de son adjoint Fabrice David et de la CEO de la FAREI, Dr Madhvee Madhou, a salué une « réponse concrète aux enjeux environnementaux, économiques et alimentaires du pays ».
Les avantages sont nombreux : ce compost naturel permet de réduire l’usage d’engrais chimiques, améliore la rétention d’eau dans les sols et stimule la productivité agricole. Les essais déjà menés sur des cultures de fraises et d’oignons ont confirmé ces bienfaits, en plus de permettre une baisse des coûts de production.
Mais cette pratique a aussi une vertu écologique : elle contribue à nettoyer les plages, en valorisant des algues dont la prolifération est souvent due à la pollution marine. Pour Fabrice David, il s’agit d’un « bel exemple de symbiose entre économie bleue et agriculture durable ».
En encourageant le compostage d’algues, la FAREI montre qu’il est possible de concilier innovation agricole, gestion écologique des déchets et valorisation des ressources locales. Une démarche verte qui pourrait bien changer le visage de l’agriculture mauricienne.

