Dr Navin Ramgoolam : La grandeur d’un leadership face aux tempêtes

ByRédaction

November 11, 2025

Alors que nous marquons le premier anniversaire de l’Alliance du Changement, en ce mardi 11 novembre, le gouvernement issu des urnes du 10 novembre 2024 a été confronté à plusieurs secousses profondes. Mais contrairement aux neuf premiers mois de 1982, l’alliance reste solidement au pouvoir grâce au leadership exceptionnel du Dr Navin Ramgoolam. Le Premier ministre et leader du Parti Travailliste est un fin stratège. Même en situation de faiblesse, il parvient à obtenir les meilleurs résultats pour son équipe et pour lui-même. Ayant lui-même subi les pires injustices et humiliations durant une décennie d’exil, le leader rouge a fait du pays sa priorité, la boussole qui guide son action gouvernementale.

Contrairement à d’autres politiciens, il ne dégaine pas à tout bout de champ dès les premières hostilités. Sa force réside dans sa capacité à semer la confusion dans le camp de ses adversaires, qui trop souvent se croient être ses amis. Il planifie avec méthode, adopte des tactiques payantes et récolte finalement les dividendes politiques.

Bérenger se reprend

Tout autre que le Dr Navin Ramgoolam aurait fait voler en éclats l’accord politique et électoral avec le MMM dès jeudi. Malgré le fait que plusieurs personnes, y compris dans sa propre équipe, poussaient dans cette direction, il a pris le temps d’analyser la situation et de tenir les conciliabules nécessaires pour ramener toute l’équipe sur le droit chemin. Dans la foulée, Paul Bérenger, qui croyait tenir la gageure entre ses mains, s’est retrouvé affaibli dans ce « tug-of-war », au point où ses propres membres l’ont mis en minorité au Bureau politique de jeudi à la rue Ambrose. Une majorité des mauves a opté pour le maintien du MMM au gouvernement, avec le dénouement heureux que l’on connaît par la suite.

Reprenant un titre d’un quotidien vendredi, un internaute a écrit : « Paul Bérenger a clairement choisi la voie de la raison plutôt que celle de la rupture. Son recul, après une journée de tensions et de négociations serrées, montre qu’il garde encore un sens aigu du calcul politique, même après plus d’un demi-siècle de combat. Ce n’est pas la première fois que le leader du MMM ravale sa colère, mais cette fois, c’est l’instinct de survie de toute une alliance qui a pris le dessus sur l’orgueil personnel. »

le message de novembre 2024

Le 10 novembre 2024 avait fait passer un message important. Malheureusement, certains ont largement sous-estimé la profondeur, la volonté et le désir de changement qui animent chaque Mauricien à la suite du départ du MSM. Après dix ans, les Mauriciens en avaient assez de se sentir prisonniers dans leur propre pays, harcelés, bridés, surveillés par un régime arbitraire et injuste, accaparant tout au profit de ses suiveurs.

L’exaltation qui a suivi le renversement du régime MSM n’était pas un simple mouvement d’humeur passager. Elle traduisait quelque chose de profond : l’attente ardente d’autre chose, d’une autre manière de gouverner — dans la consultation, l’empathie et le rétablissement d’une justice plus équitable.

Les résultats, s’il vous plaît !

La population attend désormais des résultats concrets en matière de changement, notamment au niveau du coût de la vie, de l’avenir de la jeunesse mais aussi des réformes administratives, institutionnelles et constitutionnelles. Ce n’est certainement pas « more of the same ». C’est pourquoi le Dr Navin Ramgoolam représente cette personnalité capable de diriger l’équipe du futur pour donner un nouvel élan au pays. Mais cela ne peut se faire si l’on se tire des balles dans les pieds. C’est ce que les dirigeants mauves ont compris en choisissant de rester au gouvernement et de soutenir le Premier ministre. Tout le monde sait qu’il n’y aura pas de deuxième chance. C’est maintenant ou jamais.

Soit on choisit le camp de la difficulté et des réformes, soit on préfère la facilité et la popularité. Le choix est clair. En tant que « role model », le leader de l’Alliance a donné l’exemple en endossant la plus lourde des responsabilités, celle des Finances, afin de pouvoir mener des réformes en profondeur. Pour cela, il ne s’est pas contenté de se bomber le torse, mais a assumé la paternité de la difficile extension de l’âge du paiement de la pension de retraite. Au passage, il a félicité Paul Bérenger comme le véritable père du miracle économique mauricien pour avoir introduit en 1982 la Sales Tax, devenue au fil du temps la Taxe à la Valeur Ajoutée (TVA), assurant des recettes fiscales confortables pour l’État et permettant le développement.

Gouverner avec calme

Il faut garder la tête froide en toutes circonstances afin de gérer calmement et intelligemment l’impopularité gouvernementale actuelle. Partout dans le monde, les gouvernements doivent aujourd’hui faire face à une défiance populaire. Les citoyens en ont assez des pratiques du passé. Tout agenda de réformes se heurte à une vive hostilité.

À Maurice, il y a eu des couacs avec certaines nominations ou propositions de nominations, mais le gouvernement a vite réagi en plaçant « the right person in the right place ». Sous le leadership du Dr Navin Ramgoolam, l’écoute, la concertation et l’humilité priment. Il n’y a pas de cassure entre la population et le gouvernement. Nous ne sommes plus à l’ère des « lakwizinn » où des personnages grotesques, sous la main invisible de l’histoire, manipulaient tout, des Casernes Centrales à l’Independent Commission Against Corruption, ou encore à la Public Service Commission, la Disciplined Forces Service Commission, la Local Government Commission, où « Madam-là » donnait des instructions exécutées par les Sarah, Bassoo, Loveish et autres Kavish. Désormais, c’est le principe d’« accountability » qui prime, malgré les tentatives de déstabilisation politique.

Un leadership face à la crise

Le leadership de Navin Ramgoolam face à la crise se traduit par des actions visant à redresser l’économie, apaiser les tensions politiques internes et répondre aux défis sociaux et internationaux. Il a pris des mesures concrètes, comme la baisse du prix des carburants et le paiement du 14ᵉ mois pour alléger le fardeau des citoyens, tout en adoptant une stratégie diplomatique adaptée aux enjeux extérieurs. Cependant, il doit aussi gérer des tensions au sein de sa coalition et répondre aux critiques sur la transparence et l’efficacité des mesures prises.

C’est ce que les élus de novembre 2024 ne doivent jamais oublier. La plupart étaient des quasi-inconnus. Certains le sont peut-être toujours, d’autres le resteront après ce mandat. Mais personne ne doit oublier les sacrifices du Dr Navin Ramgoolam pour arracher le pays aux ténèbres et rétablir les sentiers de la justice sociale. Dans un geste rare, il a choisi de cumuler les fonctions de Premier ministre et de ministre des Finances tout en revenant en force sur le plan diplomatique. Il se sent investi d’une mission : « Nou pa pou tolér personn. Mafia pa pou refer sirfas dan Moris zame ankor. »

Certains guettent, prêts à jeter de l’huile sur le feu, mais les défis sont énormes, notamment avec la réforme électorale et le financement des partis politiques. Tous doivent rester soudés derrière le leadership fort que représente le Dr Navin Ramgoolam.