Quatre astronautes – trois Américains et un Canadien – ont décollé mercredi à bord de Artemis II, marquant le premier vol lunaire habité depuis plus de 50 ans. La fusée de 32 étages a quitté le Kennedy Space Center de la NASA, donnant le coup d’envoi à une décennie de missions visant à établir une présence durable sur la Lune et préparer un futur atterrissage près du pôle Sud.
L’équipage, composé de Reid Wiseman, pilote Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen, constitue la mission lunaire la plus diversifiée de l’histoire de la NASA, incluant la première femme, un astronaute de couleur et un non-Américain à bord du module Orion. Dès les premières minutes du vol, Wiseman a observé la Lune, située à 400 000 km de la Terre, avec enthousiasme : « Nous avons un magnifique lever de Lune, nous nous dirigeons droit vers elle. »
Avant le lancement, la NASA a dû gérer des problèmes techniques, notamment des vérifications du système de destruction en vol et des batteries du système d’abandon de lancement, mais aucun incident majeur n’a retardé le départ. Les astronautes resteront en orbite terrestre pendant 25 heures pour tester le module avant de se diriger vers la Lune.
Contrairement à Apollo 8, Artemis II ne s’arrêtera pas en orbite lunaire mais effectuera un survol qui l’emmènera 6 400 km au-delà de la Lune avant de revenir sur Terre pour un amerrissage dans le Pacifique. Les astronautes pratiqueront également le contrôle manuel du module autour de l’étage supérieur détaché, pour vérifier la manœuvrabilité d’Orion en cas de défaillance du pilote automatique.
Cette mission est cruciale pour les plans de la NASA : établir une base lunaire durable, soutenue par des rovers et drones, et préparer Artemis III, le futur atterrissage près du pôle Sud. L’objectif est que la Lune devienne un terrain d’entraînement pour l’exploration humaine de Mars et au-delà, tout en affirmant la place des États-Unis dans la conquête spatiale.

