Navin Ramgoolam : la main ferme au sommet de l’État

ByRédaction

September 23, 2025

Il arrive des moments dans la vie d’une nation où le chef du gouvernement doit trancher, même lorsque la décision est douloureuse. C’est exactement ce qu’a fait le Dr Navin Ramgoolam hier, en demandant au gouverneur de la Banque de Maurice, Rama Sithanen, de se retirer. Ce choix, loin d’être une remise en cause des compétences reconnues de l’économiste, traduit avant tout une volonté claire : préserver l’institution, la crédibilité du pays et l’avenir de l’économie.

Dans un contexte de turbulences, il aurait été plus simple de fermer les yeux, de temporiser, d’éviter un affrontement direct avec une figure respectée. Mais Navin Ramgoolam a montré qu’il ne gouverne pas pour ménager ses amitiés, ni pour flatter les sensibilités. Il gouverne pour Maurice. En affirmant publiquement que des « actions rapides et concrètes » étaient nécessaires, il a rappelé que la stabilité de la Banque centrale et la confiance des investisseurs ne peuvent être compromises, pas même au nom d’une longue amitié politique ou personnelle.

Une semaine décisive sur tous les fronts

Cet épisode intervient au terme d’une semaine déjà intense pour l’exécutif. Le Premier ministre revenait tout juste d’Inde, où il a scellé plus de 30 milliards de roupies d’accords de développement. Ce partenariat stratégique ouvre la voie à des projets structurants : infrastructures, connectivité, énergie. Là encore, la diplomatie économique s’est mise au service du pays, avec un objectif simple : créer de la valeur et des emplois pour les Mauriciens.

Dans le même souffle, le chef du gouvernement a annoncé l’annulation de l’extension du Metro Express vers Côte d’Or. Décision impopulaire ? Sans doute. Mais là encore, il a pris ses responsabilités. Il n’est pas question pour lui d’hypothéquer l’avenir budgétaire de l’État pour satisfaire des ambitions démesurées. Ce refus du populisme, ce réalisme économique, marque la différence entre un leader et un simple gestionnaire du quotidien.

La fermeté dans l’action politique

Le Dr Ramgoolam n’a pas hésité à dénoncer également les dérives au sein de la force policière, évoquant « des éléments proches de l’ancien régime toujours à l’œuvre ». Ses propos, fermes et sans détour, sonnent comme un avertissement : nul ne pourra entraver la marche du pays vers plus de transparence et de responsabilité. En condamnant l’interpellation arbitraire du journaliste Narain Yasoodanand, le Premier ministre a réaffirmé une valeur essentielle de toute démocratie : le respect de la liberté de la presse.

Sur le plan diplomatique, la nomination confirmée de Gajjaluxmi Mootoosamy comme ambassadrice aux États-Unis témoigne aussi d’une volonté de professionnaliser la représentation mauricienne à l’étranger. Quant au soutien affiché à la cause palestinienne, il illustre la constance de la politique étrangère mauricienne, alignée sur les principes de justice et de solidarité.

Un cap, une vision

On pourra reprocher au Premier ministre son franc-parler, ses décisions abruptes, son refus de plaire à tout prix. Mais n’est-ce pas justement ce dont le pays a besoin ? Face aux incertitudes économiques, aux tensions sociales, aux défis diplomatiques, il incarne un cap. Gouverner, c’est parfois choisir la tempête plutôt que la facilité. Et c’est ce qu’il a fait cette semaine.

Maurice peut se féliciter d’avoir à sa tête un homme qui, au-delà des calculs, agit avec une conviction : servir l’intérêt supérieur de la nation. Dans une période où chaque faux pas peut coûter cher, Navin Ramgoolam a prouvé qu’il tient solidement les rênes.