Piste cyclable à Rs 61,9 M : Alan Ganoo dans l’œil du cyclone, l’affaire entre les mains de la FCC

ByRédaction

August 4, 2025

Le projet de piste cyclable dans les régions de Beau Bassin, Rose-Hill et Ébène, censé promouvoir une mobilité douce, est désormais au centre d’un potentiel scandale financier. Initié à hauteur de Rs 61,94 millions sous l’ancien ministre du Transport, Alan Ganoo, ce projet controversé a été officiellement référé à la Financial Crime Commission (FCC). Le ministre actuel, Osman Mahomed, n’a pas mâché ses mots : « Ce que j’ai vu est tout simplement horrifiant. »

C’est en réponse à une interpellation de la députée Stéphanie Anquetil (circonscription Belle-Rose/Quatre-Bornes) que le ministre Mahomed a révélé l’ampleur des irrégularités. Photos à l’appui, la parlementaire avait souligné la mauvaise qualité de certaines sections du tracé, notamment des peintures effacées ou inadaptées. L’enquête commanditée par le ministère a été confiée à son département d’audit interne, avec pour mission d’examiner la conformité aux procédures, le processus d’appel d’offres et le rôle des différentes parties prenantes.

Les conclusions sont accablantes. Non seulement plusieurs conditions contractuelles n’ont pas été respectées, mais certains éléments essentiels du projet – qui n’ont jamais été complétés – ont quand même été réglés. Le ministre parle d’une « escroquerie déguisée », dénonçant notamment un changement non justifié des matériaux initialement prévus, ainsi que des irrégularités flagrantes dans l’intervention du consultant Mega Design Consultants Ltd, qui a perçu Rs 13,47 millions.

Plus encore, l’adjudication du contrat principal à Transinvest Construction Ltd soulève de sérieuses questions. L’offre acceptée dépassait de 25,13 % les estimations budgétaires, alors que la règle impose de ne pas excéder 15 % sans justification solide. Le ministre Mahomed a exprimé son incompréhension face à une telle dérive financière, pointant du doigt la TMRSU (Traffic Management and Road Safety Unit) pour son estimation jugée « inappropriée ».

Mais le plus troublant demeure l’absence totale de transparence autour du rôle de l’ancien ministre Alan Ganoo. La députée Anquetil a demandé à connaître le nombre de réunions qu’il aurait présidées dans le cadre de ce projet et a réclamé une copie complète du rapport d’enquête. Le ministre Mahomed a répondu que les responsabilités exactes seront déterminées par la Financial Crime Commission, précisant : « Je laisse à la Commission le soin d’établir si les agents ont agi de leur propre initiative ou sous instruction, y compris de la part de l’ancien ministre. »

À ce stade, le rapport reste confidentiel et ne sera pas présenté au Parlement. Mais l’affaire est lancée, et elle pourrait bien marquer un tournant dans l’approche de la transparence au sein des projets d’infrastructures publiques. Pour Alan Ganoo, aujourd’hui dans l’œil du cyclone, les jours à venir risquent d’être politiquement orageux.