Pendant plus d’une heure, Paul Bérenger est revenu sur sa décision de quitter le gouvernement et a détaillé les raisons de son départ, tout en apportant des éclaircissements sur le MMM et sa position au sein du parti.
D’emblée, il a tenu à préciser qu’il est toujours leader du parti et qu’il n’a pas démissionné du MMM.
Selon Paul Bérenger, la constitution du MMM n’est qu’un document en l’air et n’a jamais été réellement appliquée. Le document que Reza Uteem a brandi pour justifier sa position et légitimer le pouvoir des instances du parti ne reflète pas la réalité. Il ajoute également que, la liste des délégués étant incomplète, voire inexistante, le parti n’a jamais exercé de véritable démocratie interne et qu’une véritable assemblée déléguée n’a jamais pu se tenir.
Les enjeux économiques
Revenant sur sa décision de quitter le gouvernement, Paul Bérenger affirme qu’en premier lieu, le contexte économique national a fortement pesé sur sa décision. Selon lui, le ralentissement économique rend la gestion des budgets et des investissements particulièrement difficiles, surtout en l’absence d’un ministre des finances actif.
Le dossier Chagos constitue un second motif majeur de son départ. Il déclare avoir demandé à Navin Ramgoolam de présider un comité interministériel visant à combler le trou financier de 10 milliards de roupies, mais déplore que ce comité n’ait jamais été mis en place. Il dit également craindre une menace de Grey Listing.
Par ailleurs, Paul Bérenger a dénoncé la situation au sein d’Air Mauritius, déplorant la lenteur de la nomination de Megh Pillay. Il cite aussi l’exemple de l’Economic Development Board (EDB), où un professionnel nommé sous le régime MSM a vu son contrat renouvelé pour encore six mois. « Si besoin de le retirer, retirez-le une fois, mais il a été renommer pour six mois encore », a-t-il ironisé.
Corruption et mauvaise gouvernance
Paul Bérenger évoque également des cas de corruption au sein du gouvernement. Il affirme que le “Gang des 5” devient plutôt un Gang des 25. Il explique qu’un ministre lui aurait dit qu’une personne faisant partie de la bande des cinq aurait amené des businessmen avec des pots-de-vin au PMO. Il assure avoir informé Navin Ramgoolam, qui aurait répondu qu’il n’y avait pas de preuves.
Il ajoute qu’un enregistrement où quelqu’un s’entretient avec Mamy Ravatomanga a été également rejeté par le Premier ministre comme étant de l’Intelligence Artificiel. Paul Bérenger dénonce également des nominations contestées, comme celle de Dawoodary, non qualifié pour être directeur par intérim de la FCC, et pointe des injustices pour lesquelles le Premier ministre n’a pris aucune décision corrective.
Paul Bérenger a également critiqué la lenteur des réformes électorales et dénonce les discours sans application concrète, déplorant la perte de temps et d’opportunités.
Il se dit méfiant face à certaines pratiques du Ptr et constate l’absence de rappel à l’ordre par Navin Ramgoolam.
Paul Bérenger rappelle qu’entre 2000 et 2005, sous le gouvernement dirigé par Sir Anerood Jugnauth et lui-même, la corruption avait quasiment disparu, le communalisme était inexistant, la méritocratie régnait et la démocratie fleurissait, offrant un pays plus harmonieux et professionnel.
Rassemblement de ce samedi
Paul Bérenger souligne qu’un rassemblement est prévu samedi, de 10h à midi. Il invite tous les militants et Mauriciens partageant les mêmes valeurs à participer. Il précise qu’à l’issue de cette rencontre, il envisagera sa position au sein du gouvernement, soit de rester, soit de rejoindre l’opposition, ainsi que sa place au sein du parti.
Le choix d’un nouveau MMM aussi est là mais il affirme qu’il souhaite encore tenter de redresser le parti.
Paul Bérenger avertit enfin que si le gouvernement actuel ne redresse pas la barre, le MSM de Pravin Jugnauth pourrait regagner du terrain, ce qui ne serait pas souhaitable pour le pays.

