Sondage politique: Ramgoolam gagne en confiance, Bérenger perd du terrain

ByRédaction

March 17, 2026
  • 34 % souhaitent le départ de Bérenger, 58 % font confiance à Ramgoolam

 La situation politique actuelle suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique. Que pensent réellement les Mauriciens de cette séquence politique ? Pour tenter d’y voir plus clair, le Journal du Dimanche (JDD) a commandé un sondage exclusif auprès d’un cabinet d’expertise spécialisé dans les études d’opinion. Les résultats offrent un éclairage révélateur sur l’état d’esprit de la population face aux tensions politiques du moment.  

Réalisé auprès d’un échantillon de 800 Mauriciens âgés de 18 ans et plus, répartis dans plusieurs régions du pays, ce sondage met en évidence une tendance claire : les citoyens souhaitent avant tout de la stabilité politique et des décisions claires. À la question centrale « Paul Bérenger devrait-il rester au gouvernement ou quitter ses fonctions si les désaccords persistent ? »  Les réponses traduisent une opinion divisée.

Selon les résultats du sondage, 34 % des personnes interrogées estiment que Paul Bérenger devrait quitter le gouvernement s’il considère que les orientations actuelles ne correspondent plus à ses convictions. Pour ces sondés, la cohérence politique exige qu’un leader assume clairement sa position plutôt que de maintenir une ambiguïté.

De leur côté, 27 % des sondés pensent qu’il devrait rester au gouvernement afin de défendre ses positions de l’intérieur. Selon eux, les divergences font partie de la vie démocratique et peuvent contribuer à améliorer les politiques publiques.

Une autre tendance apparaît également : 21 % des personnes interrogées évoquent la possibilité d’une solution intermédiaire, où une partie des représentants du MMM resterait au gouvernement tandis que le leader adopterait une position plus indépendante. Enfin, 18 % des sondés préfèrent ne pas se prononcer, signe que la situation reste confuse pour une partie de la population.

Une lassitude face au climat politique

Au-delà de la question du maintien ou non de Paul Bérenger au gouvernement, le sondage révèle surtout une fatigue croissante face aux tensions politiques.

Interrogés sur la manière dont les désaccords sont exprimés publiquement, 52 % des sondés estiment que les déclarations répétées créent trop d’instabilité dans la vie politique. Pour eux, les divergences devraient être réglées en priorité à l’intérieur des instances gouvernementales plutôt que sur la place publique.

À l’inverse, 29 % des personnes interrogées considèrent que Paul Bérenger joue pleinement son rôle politique en exprimant ses critiques et en alertant sur les problèmes qu’il perçoit dans la gestion du pays. Selon ces répondants, le débat et la confrontation d’idées font partie intégrante du fonctionnement démocratique. Les 19 % restants déclarent ne pas avoir d’opinion tranchée.

Les Mauriciens continuent de faire confiance à Ramgoolam

Le sondage révèle également un autre élément important : la confiance envers le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, demeure solide dans l’opinion publique.

À la question : « Faites-vous confiance à Navin Ramgoolam pour diriger le pays dans la situation actuelle ? », 58 % des personnes interrogées répondent positivement. En revanche, 26 % déclarent ne pas lui faire confiance, tandis que 16 % disent ne pas avoir d’avis clair.

Pour une partie des sondés, cette confiance repose notamment sur l’expérience politique du chef du gouvernement et sur la perception qu’il incarne une certaine stabilité dans un contexte international et économique jugé incertain.

Certains répondants estiment également que les tensions politiques internes ne doivent pas détourner l’attention des priorités nationales, notamment la gestion de l’économie, la sécurité et la lutte contre le trafic de drogue.

La stabilité, priorité des Mauriciens

Si les avis divergent sur la stratégie politique du leader du MMM, un point fait toutefois consensus : la population souhaite avant tout un climat politique stable.

Selon le sondage, 64 % des Mauriciens estiment que les dirigeants politiques devraient régler leurs différends en interne afin de préserver la stabilité du pays. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, des incertitudes économiques et des défis sécuritaires, les citoyens attendent avant tout de leurs responsables politiques qu’ils travaillent ensemble.

Plusieurs personnes interrogées évoquent également des préoccupations plus concrètes qui, selon elles, devraient être au cœur de l’action gouvernementale : la sécurité, la lutte contre le trafic de drogue, le coût de la vie et la création d’emplois. Pour beaucoup, les querelles politiques apparaissent parfois déconnectées des réalités quotidiennes.