Alors que le tourisme mondial retrouve des couleurs en 2025, la compétition s’intensifie entre les îles de l’océan Indien et d’Asie. Si Maurice affiche une reprise encore timide, ses voisins – Maldives, Seychelles, Sri Lanka et même Zanzibar – enregistrent des croissances à deux chiffres. Derrière les chiffres, se dessine une réalité : diversification des marchés, stratégie tarifaire et qualité de l’expérience font désormais toute la différence.
De janvier à juillet 2025, Maurice a accueilli 788 115 visiteurs, soit une hausse de 3,3 % par rapport à 2024. Après un premier trimestre hésitant, le marché européen – qui représente plus de 60 % de nos arrivées – a permis de combler le retard. Cependant, cette forte dépendance à une seule zone constitue une vulnérabilité, surtout dans un contexte où les aléas économiques et géopolitiques peuvent freiner les flux.
Maldives : la force de la diversification
Les Maldives affichent une trajectoire nettement plus robuste. Après une année 2024 record au-delà des 2 millions de visiteurs, l’archipel a déjà accueilli 1 361 286 touristes au 10 août 2025. Cela représente une progression de 9,1 % par rapport à 2024 et de 20,4 % par rapport à 2023. Leur secret : une répartition équilibrée de leurs marchés émetteurs, sans dépendance excessive à un pays en particulier. Cette diversification protège leur industrie des chocs extérieurs et garantit une croissance régulière.
Seychelles : la stratégie payante de la diversité
Avec 227 248 arrivées en sept mois, les Seychelles enregistrent une croissance de 10 %. Si la France, La Réunion et l’Allemagne reculent, d’autres marchés explosent : +25 % pour l’Italie, +29 % pour les Pays-Bas et +12 % pour les Émirats arabes unis. Cette redistribution confirme la pertinence d’une stratégie axée sur la diversification des marchés, une leçon dont d’autres destinations peuvent s’inspirer.
Sri Lanka : la locomotive régionale
Le Sri Lanka enregistre la plus forte croissance de la région : +21,8 % au premier semestre 2025, soit 1 168 044 touristes accueillis. Si le pays reste dépendant de l’Asie (33,8 %) et de l’Europe (19 %), il attire de nouveaux flux depuis la Pologne, la Belgique, la Nouvelle-Zélande, le Danemark ou encore la Corée du Sud. Une dynamique qui confirme que ce marché est en route vers une année record.
Zanzibar : l’étoile montante
Relativement nouveau sur la carte des destinations touristiques internationales, Zanzibar affiche une ascension fulgurante. Entre janvier et juillet 2025, 476 875 arrivées ont été enregistrées, avec un record de 106 000 visiteurs pour le seul mois de juillet. Si la tendance se maintient, l’île dépassera le cap du million de visiteurs cette année. Ses atouts : un cadre paradisiaque et surtout des prix bien plus compétitifs que ses rivaux comme Maurice, les Seychelles ou Bali. Le gouvernement tanzanien, épaulé par des experts internationaux dont le Mauricien Sen Ramsamy, a orchestré cette montée en puissance.
Dépenses des visiteurs : Maurice décroche
Selon l’analyse de Sen Ramsamy, Managing Director de Tourism Business Intelligence, l’enjeu ne se limite pas aux arrivées mais aussi aux dépenses. Or, Maurice est à la traîne avec une moyenne de 125 euros par jour et par touriste, contre 200 euros aux Seychelles et au Sri Lanka, et 400 euros aux Maldives. La généralisation des formules all-inclusive expliquerait ce décalage, car elles limitent les retombées économiques hors des hôtels. Pour inverser la tendance, il suggère d’encourager davantage l’exploration de l’île et la consommation auprès des commerces locaux.

