Dans le cadre d’un projet intitulé « Assessment of Marine Living Resources in the Exclusive Economic Zone of Mauritius », Mauritius Oceanography Institute (MOI) combine la génétique moderne et les méthodes de classification traditionnelles pour recenser les espèces présentes dans les eaux mauriciennes. À ce jour, 186 espèces de poissons commerciaux, 21 espèces de concombres de mer et 66 espèces de mollusques marins ont été identifiées. Les recherches se poursuivent actuellement sur les crustacés.
Toutes les données recueillies sont intégrées dans une base de données en ligne, la Marine Diversity and Genetics Databank, qui sert de référence nationale pour l’identification des espèces, la gestion des ressources halieutiques, la traçabilité des produits de la mer et la conservation de la biodiversité.
Selon le directeur du MOI, le Dr Daniel Marie, ce programme renforce considérablement la capacité du pays à identifier avec précision les espèces marines et à améliorer la gestion des ressources naturelles. Il permet également de produire des données de référence essentielles pour la protection des espèces vulnérables et la promotion d’une exploitation durable des ressources marines.
Le MOI développe également l’utilisation de l’eDNA, une méthode innovante qui consiste à détecter les espèces marines à partir de traces génétiques présentes dans l’eau de mer. Cette technique non invasive permet d’obtenir rapidement des informations sur la biodiversité sans capturer les organismes.
Elle facilite la détection des espèces menacées ou protégées, l’identification des zones riches en biodiversité et le suivi des changements écologiques dans le milieu marin.
Selon le Dr Daniel Marie, le milieu marin mauricien est soumis à plusieurs pressions, notamment la pollution, la surexploitation des ressources, la dégradation des habitats, les espèces invasives et les effets du changement climatique, dont le réchauffement et l’acidification des océans. Ces facteurs accélèrent la dégradation des écosystèmes et augmentent les risques de perte de biodiversité.
Dans ce contexte, l’utilisation de ces technologies permet de renforcer la surveillance scientifique, d’améliorer la compréhension des écosystèmes marins et de soutenir des décisions fondées sur des données fiables.

