Ne pas trahir le mandat : l’heure du courage politique

ByRédaction

August 24, 2026

Dans les moments difficiles, la tentation est grande de chercher refuge ailleurs. Lorsque la popularité d’un gouvernement baisse, lorsque les réformes suscitent la colère et lorsque l’opposition promet monts et merveilles, certains parlementaires peuvent être tentés de traverser la ligne de démarcation. Mais il faut le dire avec force : changer de camp dans l’adversité n’est pas toujours un acte de courage. Très souvent, c’est une fuite devant ses responsabilités.

À ceux qui seraient séduits par les sirènes de l’opposition, nous lançons un avertissement clair : ne vous laissez pas tromper par l’illusion d’une vie politique plus facile dans le camp adverse. De l’extérieur, tout paraît simple. Il suffit de critiquer, de promettre, de distribuer des slogans et de vendre des rêves. Mais c’est en « trappant le poêlon » que l’on mesure véritablement la chaleur qui s’y trouve.

Le moment que traverse le pays est grave. La dette publique pèse lourdement sur les finances nationales. Les marges de manœuvre budgétaires sont limitées. Le secteur des pensions doit être réformé, non pas par plaisir ou par idéologie, mais parce que l’État ne peut continuer à engager des dépenses qu’il ne pourra pas soutenir durablement. Une réforme impopulaire n’est pas nécessairement une mauvaise réforme. Gouverner, ce n’est pas rester populaire à tout prix. Gouverner, c’est prendre des décisions difficiles pour protéger l’avenir du pays.

Ceux qui réclament aujourd’hui davantage de prestations, davantage de subventions et davantage de dépenses doivent répondre à une question élémentaire : comment financer toutes ces promesses sans augmenter les impôts, sans alourdir davantage la dette et sans sacrifier les générations futures ? Les marchands de sable de l’opposition prétendent avoir une solution à chaque problème. Pourtant, lorsqu’ils étaient aux commandes, ils n’ont pas démontré cette extraordinaire capacité à transformer les promesses en résultats.

Pire encore, le pays n’a pas oublié les scandales, les soupçons de favoritisme et les dossiers qui continuent de faire l’objet d’enquêtes et de poursuites. L’affaire Eco Deer Park, connue également sous les appellations de « Stag Party » ou de « Black Label », est entrée dans une phase décisive avec les poursuites engagées contre plusieurs protagonistes. Le dossier du contrat pétrolier attribué au groupe Maritime & Mercantile Group, d’une valeur de près de Rs 30 milliards, soulève lui aussi de graves interrogations sur les procédures, les spécifications et l’utilisation présumée d’informations sensibles.

Ces affaires ne doivent pas être exploitées pour régler des comptes politiques. Mais elles rappellent une vérité fondamentale : ceux qui ont gouverné et qui ont contribué à ruiner la confiance dans les institutions ne peuvent aujourd’hui se présenter comme les sauveurs de la République. Hier, ils se proclamaient défenseurs de la loi et de la bonne gouvernance. Aujourd’hui, lorsque les institutions leur demandent des comptes, ils dénoncent une prétendue persécution politique. Cette indignation à géométrie variable ne trompe personne.

Notre pays a connu les dérives du « planting », les abus de pouvoir, les atteintes aux libertés et même les coupures d’Internet. Il ne faut pas oublier si rapidement cette période où les citoyens pouvaient se sentir surveillés et où l’État semblait disposer d’un pouvoir sans limites sur leur vie quotidienne. La démocratie ne se résume pas à des discours : elle se mesure au respect des institutions, de la transparence et de la liberté d’expression.

Les parlementaires doivent donc se poser la vraie question : pourquoi ont-ils été élus ? Pour suivre les sondages ou pour servir la population ? Pour protéger leur carrière ou pour affronter les problèmes ? Le stress hydrique, les pertes d’eau, le renouvellement des conduites et la modernisation des infrastructures exigent une action sérieuse et durable. La réduction de l’eau non facturée, le remplacement des tuyaux et les investissements planifiés montrent qu’il existe des réponses concrètes, même si elles ne produisent pas immédiatement des applaudissements.

La démocratie a besoin de parlementaires debout, pas de transfuges opportunistes. Ne trahissez pas votre mandat pour une promesse de confort politique. Ceux qui ont contribué à affaiblir le pays ne peuvent être la solution. Dans cette période décisive, il faut serrer les coudes, corriger ce qui doit l’être et servir la nation. C’est cela, le véritable courage politique.

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