Rajyalaxmi Chitrakar, épouse de l’ancien Premier ministre népalais Jhalanath Khanal, est décédée ce mardi après avoir été piégée dans leur résidence de Dallu, à Katmandou, incendiée par des manifestants. Selon les médias locaux, Rajyalaxmi Chitrakar a été transportée d’urgence à l’hôpital des grands brûlés de Kirtipur, où elle a succombé à ses blessures.
Cet épisode dramatique survient dans un contexte de troubles sans précédent dans la capitale népalaise, où des milliers de jeunes qualifiés de « Génération Z » sont descendus dans les rues pour protester contre une interdiction temporaire des réseaux sociaux, accusant le gouvernement de dérive autoritaire et de corruption.
Les violences ont culminé mardi avec l’incendie de plusieurs maisons de dirigeants politiques, dont celle du Premier ministre en exercice, Khadga Prasad Oli. Face à l’ampleur de la crise, le Premier ministre Oli a annoncé sa démission immédiate.
Son ministre des Finances, Bishnu Prasad Paudel, 65 ans, a quant à lui été violemment pris à partie dans les rues de la capitale, comme en témoigne une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux.
Les manifestations, initialement déclenchées par le blocage de plateformes comme Facebook, X (ex-Twitter) et YouTube, se sont transformées en un mouvement de contestation plus large contre les élites politiques et les privilèges des « Nepo Kids », enfants de dirigeants accusés de mener une vie fastueuse alors que la jeunesse peine à trouver un emploi.
Lundi soir, le gouvernement avait levé l’interdiction des réseaux sociaux, mais la colère populaire n’est pas retombée. La répression policière a fait au moins 19 morts. L’aéroport international de Katmandou a été fermé, et plusieurs ministres ont été évacués par hélicoptère militaire vers des lieux sécurisés.
Face à l’instabilité croissante, l’Inde a conseillé à ses ressortissants de reporter tout voyage au Népal. Les compagnies Air India, IndiGo et Nepal Airlines ont annulé leurs vols entre Delhi et Katmandou.

