Le Premier ministre, Dr Navin Ramgoolam, a réaffirmé aujourd’hui l’engagement ferme du gouvernement à placer les femmes au centre du développement national, en renforçant les structures et les politiques visant à promouvoir l’égalité des chances, une croissance inclusive, la justice sociale et une prospérité partagée pour tous les citoyens.
Il s’exprimait lors de la cérémonie organisée au Complexe sportif national de Côte d’Or à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque année le 8 mars. Le thème retenu pour l’édition 2026 est : « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles ».
Plusieurs personnalités étaient présentes à cet événement, dont le Vice-Premier ministre Paul Bérenger, la ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille Arianne Navarre-Marie, des ministres, des membres de l’Assemblée nationale ainsi que la Coordinatrice résidente des Nations unies pour Maurice et les Seychelles, Lisa Simrique Singh.
Hommage aux pionnières mauriciennes
Dans son discours principal, le Dr Ramgoolam a rappelé l’engagement historique de Maurice en faveur de l’avancement et de la protection des droits des femmes. Il a rendu hommage aux nombreuses Mauriciennes qui, au fil de l’histoire, ont courageusement milité pour l’égalité et la justice, contribuant de manière significative aux avancées sociales du pays.
Le Premier ministre a également salué la présence croissante des femmes dans les postes de direction. Toutefois, il a souligné que leur représentation reste encore limitée dans le secteur privé, avec seulement environ 10 % de femmes occupant des postes de directrices générales (CEO).
Vers une meilleure représentation politique
Abordant la question de la participation des femmes à la vie politique, le chef du gouvernement a rappelé que la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) recommande un minimum de 30 % de représentation féminine au Parlement. À l’heure actuelle, Maurice se situe autour de 18 %, un chiffre qu’il a jugé insuffisant.
Afin de corriger cette situation, le Premier ministre a annoncé qu’une réforme électorale est en préparation afin d’assurer une représentation plus équitable au sein du Parlement.
Sécurité et éducation : des priorités gouvernementales
Évoquant la montée de la criminalité et le fléau de la drogue, le Dr Ramgoolam a indiqué que la mise en place prochaine d’une National Crime Agency permettra de réaffirmer la primauté de l’ordre et de la sécurité publique comme priorité gouvernementale.
Il a également insisté sur la nécessité de changer les mentalités et de renforcer l’éducation afin d’autonomiser les femmes et de sensibiliser les hommes au respect des droits féminins. Dans cette optique, le programme NICE sera réintroduit dans les écoles pour inculquer discipline et valeurs positives aux élèves dès leur plus jeune âge, notamment en matière de respect envers les femmes.
Lutte contre la violence domestique
De son côté, le Vice-Premier ministre Paul Bérenger a exprimé son inquiétude face à la persistance de la violence domestique, soulignant que 86,6 % des victimes sont des femmes. Il a également déploré que, malgré les progrès réalisés, les femmes ne disposent encore que de 64 % des droits juridiques accordés aux hommes.
Selon lui, les tensions politiques et les conflits sur la scène régionale et internationale fragilisent l’État de droit, rendant indispensable un renforcement des mesures de protection et d’action.
Un nouveau cadre législatif en préparation
La ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, a pour sa part salué la résilience et la contribution des femmes dans les domaines des affaires, de l’entrepreneuriat, de la politique et de la société.
Elle a également évoqué les menaces persistantes liées à la violence basée sur le genre et aux conséquences du trafic de drogue sur les femmes. Son ministère travaille actuellement sur le Domestic Abuse Bill, un projet de loi visant à couvrir les violences physiques, financières, psychologiques et émotionnelles, tout en renforçant les obligations légales et les mécanismes de soutien aux victimes.
La ministre a en outre plaidé pour l’introduction d’une éducation à l’égalité des genres dans les écoles, tout en réaffirmant l’engagement de Maurice envers l’Objectif de développement durable 5 des Nations unies, consacré à l’égalité entre les sexes.
Appel des Nations unies à poursuivre les efforts
La Coordinatrice résidente des Nations unies, Lisa Simrique Singh, a salué les efforts du gouvernement pour promouvoir l’égalité des genres et protéger les droits des femmes. Elle a toutefois appelé à poursuivre les actions et à renforcer les cadres législatifs, la violence basée sur le genre demeurant un défi majeur.
Au cours de la cérémonie, des prix ont également été remis aux lauréats de plusieurs concours organisés dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes 2026, impliquant des élèves du préprimaire, du primaire, du secondaire, de l’enseignement supérieur ainsi que le grand public.

