Navin Ramgoolam: « La demande pour une révision à la hausse du prix du pain est légitime »

ByRédaction

April 7, 2026

Répondant à la PNQ du leader de l’opposition, le Premier ministre Navin Ramgoolam a dressé un bilan de la situation économique du pays face aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient. Tout en garantissant que les stocks de carburant sont sécurisés jusqu’en 2027, il a reconnu que la hausse du prix du pain devient inévitable, la demande des opérateurs étant, selon lui, légitime dans un contexte de flambée des coûts et d’inflation croissante.

D’emblée, le Premier Ministre a rappelé que depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février 2026, la situation n’a cessé de se détériorer, provoquant ce que l’Agence internationale de l’énergie qualifie de plus grande perturbation de l’offre pétrolière de l’histoire du marché mondial. Cette crise ne se limite pas au pétrole, mais affecte également le gaz naturel liquéfié, les engrais, les céréales ainsi que les chaînes d’approvisionnement mondiales, entraînant une hausse généralisée des prix, des coûts du fret maritime et des assurances affirme le Dr Navin Ramgoolam.

Il ajoute que Maurice, en tant que petite économie fortement dépendante des importations et des routes commerciales maritimes, subit de plein fouet ces turbulences.

Il a indiqué que le prix du pétrole brut est passé de 72,4 dollars le baril avant le conflit à 111 dollars aujourd’hui, soit une augmentation de 53 %. Cette hausse s’est traduite par une augmentation de 82 % de la facture d’importation de produits pétroliers en mars 2026, avec une nouvelle progression estimée à 21 % pour le mois d’avril, sous réserve de l’évolution du conflit. Dans le même temps, la hausse des prix des produits alimentaires et des intrants agricoles accentue la pression sur le coût de la vie, tandis que la roupie fait face à des tensions sur le marché des changes.

Pour faire face à cette situation, il a souligné que le gouvernement a mis en place un comité inter-ministériel de crise, qui a tenu sa troisième réunion le 1er avril 2026. Ce comité a examiné les travaux d’un comité de haut niveau présidé par le Financial Secretary et a proposé une série de mesures destinées à atténuer les impacts économiques et sociaux de la crise. Un rapport a déjà été soumis et sera examiné par le Committee demain avant d’être présenté au Conseil des ministres vendredi.

Sur le plan énergétique, le premier ministre a souligné que des mesures immédiates ont été prises afin d’optimiser les ressources disponibles. La CEB a renforcé ses stocks de l’huile lourde, maximisé le recours au charbon par les producteurs indépendants. Parallèlement, le ministère de l’Énergie et des Services publics a intensifié les campagnes d’économie d’électricité et accéléré la transition vers les énergies renouvelables. Des projets ont été révisés pour améliorer leur viabilité et de nouveaux mécanismes ont été introduits pour répondre aux besoins des ménages, du secteur industriel et des entreprises. Au total, environ 405 mégawatts de capacité renouvelable devraient être ajoutés au réseau dans un délai de deux à trois ans.

Dans un souci de discipline énergétique, une circulaire a été émise le 6 avril à l’ensemble des ministères et départements pour imposer des objectifs de réduction de la consommation électrique. Des réglementations sont également en préparation afin de restreindre, pour une période déterminée, l’utilisation de l’électricité du réseau pour des activités jugées non essentielles.

La sécurisation de l’approvisionnement en produits pétroliers demeure toutefois l’élément central de la stratégie gouvernementale. Le ministère du Commerce et de la Protection des consommateurs a déjà garanti l’approvisionnement en carburants jusqu’en juillet 2026 et celui en huile lourde jusqu’en mai 2027. Un accord gouvernement à gouvernement doit être signé dans les prochains jours pour consolider davantage cette sécurité. Le Premier Ministre a souligné avoir personnellement engagé des discussions à ce sujet avec le Premier ministre indien Narendra Modi lors de sa visite d’État en septembre 2025, puis à nouveau lors du AI Impact Summit en février 2026.

Dans ce contexte, il a également critiqué les décisions du précédent gouvernement, notamment la résiliation du contrat avec Mangalore Refinery and Petrochemicals Limited et l’annulation de l’accord avec Red Eagle, estimant que ces choix ont fragilisé la sécurité énergétique du pays. Il a rappelé qu’une interruption de l’approvisionnement en pétrole pourrait entraîner une paralysie complète de l’économie, comme cela avait été évoqué devant la Haute Cour du Karnataka en 2017.

Sur le plan économique, le gouvernement examine actuellement des mesures visant à atténuer l’impact de la hausse des prix sur la population, notamment la possibilité de réduire la taxe sur la valeur ajoutée et les droits d’accise sur les produits pétroliers. Toutefois, ces décisions devront tenir compte des impératifs budgétaires et de l’évolution incertaine de la situation internationale.

Le Premier Ministre a également abordé la question sensible du prix du pain, soulignant que celui-ci n’a pas été révisé depuis plus de dix ans, malgré l’augmentation continue des coûts de production, notamment liée à la hausse des prix des matières premières, du transport et de l’énergie. Dans ce contexte, il a reconnu que la demande des opérateurs pour une révision à la hausse du prix du pain est légitime.

Il a indiqué que le gouvernement est pleinement conscient de cette réalité économique et que la question d’un ajustement du prix du pain sera examinée avec sérieux, dans le cadre des mesures globales visant à faire face à la crise actuelle. Tout en tenant compte de la nécessité de soutenir les boulangers et les acteurs du secteur, il a insisté sur l’importance de trouver un équilibre entre viabilité économique et protection du pouvoir d’achat des consommateurs.

Le Premier Ministre a ainsi confirmé que l’option d’une augmentation du prix du pain fait partie des mesures actuellement à l’étude, dans un contexte où les pressions inflationnistes s’intensifient à l’échelle mondiale.

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