Le Conseil des ministres a approuvé une série de mesures visant à atténuer les effets économiques et sociaux du conflit en cours au Moyen-Orient. Ces décisions font suite à une réunion du comité de crise présidée par le Premier ministre le 8 avril 2026.
Lors de cette réunion, il a été souligné qu’un cessez-le-feu temporaire de deux semaines, convenu entre l’Iran et les États-Unis, permettrait la reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Toutefois, les autorités ont insisté sur la fragilité de cette trêve, appelant à la vigilance face à une situation internationale incertaine.
Dans ce contexte, le gouvernement a opté pour une approche articulée autour de mesures immédiates, à moyen et à long terme, tout en tenant compte d’une marge de manœuvre budgétaire limitée en raison du déficit élevé et du niveau de dette.
Énergie : hausse des tarifs et mesures d’économie
Parmi les décisions majeures figure une augmentation de 15 % des tarifs d’électricité à compter du 1er mai 2026. Cette hausse ne concernera toutefois pas les ménages les plus vulnérables inscrits au registre social, ni certaines catégories de consommateurs et les PME.
En parallèle, plusieurs actions ont été annoncées pour renforcer la sécurité énergétique. Il s’agit notamment d’un suivi accru des stocks de carburant, de la mise en place de restrictions sur les usages non essentiels de l’électricité — comme l’éclairage décoratif ou les panneaux publicitaires lumineux — ainsi que de campagnes de sensibilisation à l’économie d’énergie.
Le gouvernement entend également accélérer la transition vers les énergies renouvelables, avec le déblocage de projets totalisant 405 MW, la promotion du solaire photovoltaïque, notamment sur les bâtiments publics, et l’octroi de prêts à taux réduit pour les ménages et les PME souhaitant investir dans ces solutions.
Sécurité alimentaire : diversification et contrôle
Sur le plan alimentaire, les autorités prévoient la mise en place d’une base de données centralisée pour suivre les stocks de produits essentiels, de semences et d’engrais. L’objectif est d’anticiper d’éventuelles pénuries et d’identifier rapidement des sources d’approvisionnement alternatives.
Le gouvernement mise également sur la diversification des importations, notamment depuis des pays comme Madagascar, la Namibie ou le Kenya, tout en renforçant la production locale, y compris à Rodrigues.
Des inspections seront intensifiées afin de lutter contre les pratiques abusives, telles que la rétention de stocks ou la hausse injustifiée des prix. Une campagne nationale contre le gaspillage alimentaire sera également lancée.
Soutien aux PME et aux secteurs clés
Afin de soutenir les petites et moyennes entreprises, un dispositif spécifique sera mis en place pour garantir la continuité des activités d’importation et d’exportation. Des facilités financières, telles que des moratoires sur les prêts ou des mécanismes de financement du fonds de roulement, sont à l’étude.
Dans le secteur du tourisme, des mesures ont été prises pour maintenir la capacité aérienne, avec des vols supplémentaires vers certaines destinations clés. Les efforts de promotion seront redéployés vers des marchés jugés plus porteurs, comme l’Afrique du Sud, l’Inde ou La Réunion.
Protection des ménages et justice sociale
Le gouvernement a également annoncé l’extension de la liste des produits éligibles au fonds de stabilisation des prix, afin de mieux protéger le pouvoir d’achat des consommateurs face à la hausse des coûts.
Par ailleurs, les critères d’éligibilité au registre social pourraient être revus pour inclure davantage de ménages vulnérables.
Le Cabinet a approuvé la création d’un Fonds de solidarité de crise, destiné à garantir une meilleure justice sociale dans ce contexte difficile.
Malgré les défis, le gouvernement entend également tirer parti de certaines opportunités. Parmi les initiatives envisagées figurent la mise en place d’un « Golden Visa » pour attirer les investisseurs étrangers, ainsi que l’accélération des procédures pour les opérateurs économiques souhaitant s’implanter à Maurice.

