Entreprenariat : La roselle, le fruit qui a donné naissance à Fridisik

ByRédaction

May 26, 2026

Née d’un petit jardin fruitier à Goodlands, Fridisik est une jeune entreprise artisanale fondée par le jeune couple Hud et Mehryne Annooar-Nohur. Porté par la transformation de la roselle, fruit encore peu exploité localement, le projet mêle passion agricole, créativité culinaire et ambition entrepreneuriale.

C’est dans un cadre simple, que l’histoire de Fridisik commence. Le couple, Mehryne Annooar-Nohur et son époux Hud Nohur, tous deux âgés de 28 ans, entretient un petit jardin fruitier non loin de leur domicile à Goodlands. « Fridisik est née du jour au lendemain, sans plan précis.», explique la cofondatrice.

L’idée de planter de la roselle vient d’une rencontre passée. Journaliste à l’époque, Mehryne découvre ce fruit au détour d’un entretien avec un passionné de plantation. « C’est lors d’une interview que j’ai découvert la roselle. La personne que j’interviewais nous a même offert les graines. Tout est parti de là », se souvient-elle.

La roselle, un fruit encore méconnu à Maurice

Plante de la famille des hibiscus, la roselle, parfois appelée bissap à Maurice, reste encore peu exploitée dans l’alimentation locale, malgré ses multiples usages. « La roselle est un fruit parenté au lalo, originaire d’Afrique de l’Ouest. On peut la consommer en jus, en thé ou en confiture », précise Mehryne.

Face à une récolte plus abondante que prévu, le couple décide d’explorer une nouvelle voie. « Au départ, je faisais des confitures pour offrir à la famille. Mais cette année, nous avons récolté en grande quantité. C’est là que tout a changé », ajoute-t-elle.

Du geste familial au projet entrepreneurial

Le passage du loisir à l’entrepreneuriat se fait rapidement. Encouragée par son époux, Mehryne accepte de transformer cette activité en projet structuré. « Mon époux m’a dit qu’il fallait aller plus loin. Le jour où nous avons décidé de nous lancer, il avait déjà tout préparé : le nom, le logo, l’identité.

 Fridisik était née en quelques heures », raconte-t-elle. Le nom lui-même reflète l’esprit du projet : un jeu de mots autour de “fruits” et “sucre”. « C’est aussi une idée de mon époux. Il a beaucoup d’humour, et cela reflète bien l’esprit de notre marque », confie-t-elle. Aujourd’hui, l’activité reste artisanale et familiale. Le couple travaille principalement après leurs heures de bureau et les week-ends, avec l’aide ponctuelle de la famille.

Un processus artisanal et naturel

Chaque fruit transformé demande une méthode spécifique. Pour la roselle, il faut séparer délicatement la chair des capsules de graines. Pour d’autres fruits comme la carambole, le processus diffère. « Chaque fruit a sa propre technique. Nous adaptons notre méthode en fonction de sa nature », explique la fondatrice.

La démarche de Fridisik repose sur une philosophie claire : préserver le naturel. « Nous n’utilisons aucun produit chimique ni additif artificiel. Même la pectine est extraite naturellement de fruits riches en pectine », insiste-t-elle. La stérilisation du matériel est également une étape essentielle pour garantir la qualité et la conservation des produits.

Une présence encore digitale mais en expansion

Face à une production limitée dans leur propre jardin, le couple s’approvisionne désormais auprès de petits planteurs à travers l’île. « Nous travaillons avec des producteurs locaux, en privilégiant ceux qui cultivent de manière la plus naturelle possible », précise Mehryne.

Aujourd’hui, Fridisik se développe principalement via les réseaux sociaux. Mais l’ambition est claire : élargir la distribution. « Nous sommes activement à la recherche de boutiques et de cafés qui pourraient proposer nos produits », indique Mehryne.

Les retours des clients sont encourageants. Le concept attire par son originalité. « Les gens sont souvent surpris par nos choix de fruits. Ils découvrent des goûts qu’ils ne connaissent pas en confiture », explique-t-elle.

Au-delà du produit, Fridisik est avant tout une aventure humaine. « Ce que nous aimons le plus, c’est de construire cela ensemble. Et voir les retours des clients est extrêmement motivant », confie Mehryne. Le projet repose également sur une dynamique familiale, où chacun apporte son aide selon les besoins.

Pour l’avenir, les fondateurs souhaitent développer une clientèle fidèle et positionner leur marque dans le paysage artisanal local. « Nous espérons devenir une référence dans la confiture artisanale à base de fruits locaux », affirme Mehryne.

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