Géopolitique : Pourquoi Donald Trump s’obstine-t-il à prendre le Groenland ?

ByRédaction

January 20, 2026

Alors qu’après le Venezuela, le Groenland (Greenland) est redevenu l’un des objets de convoitise du président américain Donald Trump, l’ancien président Prithvirajsing Roopun suit de près cette crise géopolitique aux enjeux majeurs. Cette ambition évoquée pour la première fois en 2019 puis relancée après son retour à la Maison-Blanche en 2025 interroge sur les véritables motivations de Washington, entre sécurité stratégique, ressources naturelles et rivalités arctiques. Pourquoi Washington tient-il à s’emparer du Groenland ? C’est ce que l’ancien chef d’État Prithvirajsing Roopun analyse dans notre rubrique.

Une ambition qui ressurgit

D’emblée, Prithvirajsing Roopun rappelle que depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, celui-ci a remis sur la table ce projet qui avait déjà surpris le monde lors de son premier mandat-prendre le contrôle du Groenland. Trump avait déclaré : “The United States needs Greenland for the purpose of National Security, and NATO should be leading the way for us to get it”, martelant qu’il obtiendrait l’île « par la manière douce ou par la manière dure », sans exclure une option militaire.

Le 9 janvier 2026, Donald Trump est venu une nouvelle fois affirmé que les États‑Unis faisaient des démarches pour acquérir le Groenland “whether they like it or not” (qu’ils le veuillent ou non) et a indiqué que les options négociées pourraient être suivies d’une approche différente si nécessaire.

Mais la réaction du Groenland ne s’est pas fait attendre. Son Premier ministre, Jens Frederik Nielsen, a déclaré lors d’une conférence de presse le 13 janvier 2026 : “Greenland is not for sale. Greenland does not want to be owned by the United States. If we have to choose between the United States and Denmark here and now, we choose Denmark.”

Première raison : Un point stratégique au cœur de l’Arctique

Prithvirajsing Roopun explique que si le Groenland attire autant l’attention américaine, c’est d’abord pour sa position géographique. Située entre l’Amérique du Nord et l’Europe, l’île constitue une sentinelle naturelle sur les routes arctiques et abrite déjà la base spatiale américaine de Pituffik, essentielle aux systèmes d’alerte antimissile et de surveillance spatiale.

Dans un contexte de tensions accrues avec la Russie et de montée en puissance de la Chine, contrôler le Groenland offrirait à Washington un avantage stratégique considérable. Donald Trump l’a formulé sans détour : « Si nous ne prenons pas le Groenland, la Russie ou la Chine le feront. Et nous ne voulons pas qu’ils soient nos voisins. »

2eme raison : La bataille des ressources du futur

Mais au-delà de sa position, le Groenland fascine surtout par ce qui se cache sous sa glace. L’île recèle d’importantes réserves de minerais, dont des terres rares (rare earth elements), indispensables à la fabrication de smartphones, écrans LED, éoliennes, batteries de voitures électriques, turbines et systèmes militaires de précision. L’ile possède aussi de minéraux métalliques dont l’uranium : utilisé dans le nucléaire civil et militaire, le cuivre, nickel et zinc : utilisés dans l’électronique et les infrastructures industrielles.

Aujourd’hui, la Chine domine largement la production et le raffinage de ces métaux stratégiques. Les États-Unis cherchent donc à réduire leur dépendance. Officiellement, Donald Trump affirme que « les minéraux ne sont pas la raison principale ».

Mais, l’ancien Président Roopun affirme qu’ils constituent un enjeu décisif dans la course technologique mondiale. Le réchauffement climatique, en accélérant la fonte des glaces, rend par ailleurs ces ressources plus accessibles et ouvre de nouvelles routes maritimes, renforçant encore l’intérêt des grandes puissances.

3eme raison : ‘Donroe Doctrine’- le control

Donald Trump justifie sa politique en s’appuyant sur la doctrine Monroe, proclamée en 1823 par le président James Monroe, qui considérait toute intervention européenne sur le continent américain comme une menace pour les États-Unis, tout en s’abstenant d’intervenir dans les affaires européennes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis l’ont invoquée pour occuper le Groenland et empêcher son usage par l’Allemagne. Un traité de 1951 a renforcé leur rôle dans la défense de l’île, et vers 1953, la base militaire de Thulé, aujourd’hui Pituffik Space Base, a été construite dans le nord-ouest. Certains analystes estiment que Trump reprend cet héritage pour maintenir certaines régions sous influence américaine face à la Chine et à la Russie. Cette lecture moderne a été surnommée la « Donroe Doctrine » par certaines presses américaines.

Encadré – Le Groenland, un territoire stratégique et unique

Le Groenland est la plus grande île du monde qui ne soit pas un continent, avec une superficie d’environ 2,2 millions de km², soit six fois la taille de l’Allemagne. Sa population reste très faible, avec environ 56 000 habitants, majoritairement des Inuits, vivant principalement sur la côte sud-ouest autour de la capitale Nuuk. Environ 80 % de l’île est recouvert de glace, ce qui en fait un territoire à la fois isolé et difficile d’accès.

Stratégiquement situé entre l’Amérique du Nord et l’Arctique, le Groenland joue un rôle clé dans la surveillance militaire et les systèmes d’alerte aux missiles, notamment grâce à la base spatiale américaine de Pituffik. Économiquement, il repose surtout sur la pêche et reçoit d’importantes subventions du Danemark. Mais sous sa glace, l’île recèle des ressources naturelles précieuses comme l’uranium, le fer, le pétrole potentiel et surtout les terres rares, indispensables aux technologies modernes et aux équipements militaires. Le Groenland devient ainsi un enjeu géopolitique majeur, au carrefour des intérêts américains, russes et chinois.