Édito : sans action ferme, pas de réforme

ByRédaction

January 19, 2026

On peut empiler les réformes, annoncer des blueprints, organiser des réunions et promettre l’école du futur. Mais tant que la violence continuera de gangrener nos établissements scolaires, tout cela restera du papier. La vérité est simple : on ne réforme pas un système qui brûle de l’intérieur.

Jeudi dernier, face aux élus et aux partenaires du secteur, le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, a défendu son projet de transformation du système éducatif. Plus de 150 mesures sont sur la table : modes d’admission, mixité, agrégation des résultats, curriculum repensé, intelligence artificielle, téléphones portables… Sur le papier, c’est ambitieux. Mais dans la vraie vie, celle des élèves, des enseignants et des parents, le problème est ailleurs.

L’incident survenu récemment à la Gare du Nord entre des étudiants et des marchands ambulants n’est pas un fait divers isolé. C’est le miroir d’un malaise profond. Des bagarres, des insultes, des intimidations, du bullying, parfois avec des armes blanches dans les sacs d’école. Ce n’est plus l’exception, c’est devenu trop souvent la norme.

Qui peut encore nier que la violence commence parfois dès le primaire ? Qui n’a jamais vu ou entendu parler de filles qui se battent pour des histoires de “petit copain”, de garçons prêts à en découdre pour un regard de travers, d’enseignants menacés, insultés, parfois agressés ? On parle d’enfants, mais on vit une réalité d’adultes irresponsables.

Soyons honnêtes. Parler d’intelligence artificielle, d’école inclusive et de pédagogie moderne sans d’abord rétablir l’autorité et la discipline, c’est mettre la charrue avant les bœufs. Une salle de classe où règnent la peur et l’incivisme n’est pas un lieu d’apprentissage. C’est un champ de bataille.

Les syndicats, trop souvent, préfèrent défendre leurs avantages plutôt que d’affronter ce sujet frontalement. L’école ne peut pas être un sanctuaire de l’impunité. Protéger les élèves, c’est aussi protéger les enseignants.

Il faut le dire clairement, même si cela dérange : tout enfant n’a pas automatiquement sa place dans le circuit scolaire classique. Ceux qui perturbent, qui violentent, qui récidivent malgré les avertissements, doivent être orientés vers des structures de redressement adaptées, hors du système normal.

Et quand des parents s’en prennent aux enseignants ou à l’administration scolaire, leurs enfants ne peuvent pas continuer comme si de rien n’était. Les droits des enfants ne peuvent pas servir d’excuse à l’irresponsabilité parentale. Les droits vont toujours avec des devoirs.

L’école ne peut pas tout faire seule

La Crime Prevention Unit a commencé un travail de sensibilisation, et c’est une bonne chose. Mais cela ne suffit pas. Il faut une présence policière visible autour des écoles et surtout dans les gares routières, là où les tensions explosent. L’autorité doit être vue pour être respectée.

Oui, c’est dur. Oui, c’est impopulaire. Mais le laxisme des vingt dernières années nous a conduits là où nous sommes aujourd’hui : une jeunesse parfois perdue, une image du pays écornée, et des signaux inquiétants envoyés à l’étranger.

Tout n’est pas perdu. Chaque élève sauvé, chaque trajectoire redressée, est une victoire pour la société. Mais la réforme de l’éducation ne passera pas sans un traitement de fond contre la violence scolaire. Ce n’est ni politique, ni idéologique. C’est une question de survie sociale.

Si le ministre veut laisser une trace positive dans l’histoire, il doit commencer par là. Rétablir l’ordre, la discipline et le respect, avant de rêver à l’école du futur. Sans cela, aucune réforme ne tiendra debout.