Confronté à une dette importante et à la profonde mutation du secteur sucrier, le Sugar Investment Trust (SIT) a engagé une transformation stratégique ambitieuse. Sa direction mise sur la diversification, les énergies renouvelables et une meilleure gouvernance afin de redéfinir son rôle économique et social à Maurice. Dans cet entretien, Nishta Jooty-Needroo dévoile les grandes orientations qui façonneront le SIT de demain.
Dans un environnement où l’industrie sucrière se transforme rapidement, comment envisagez-vous l’avenir du Sugar Investment Trust ?
L’industrie sucrière traverse une profonde mutation, et le SIT doit transformer ce défi en opportunité. À moyen terme, notre priorité est de consolider notre redressement financier en réduisant progressivement la dette et en développant de nouvelles sources de revenus. Nous misons sur quatre piliers stratégiques : l’agriculture, l’immobilier, l’énergie et la valorisation des actifs. À long terme, nous voulons faire du SIT une institution moderne, résiliente et financièrement solide. Notre ambition est de préserver l’héritage des petits planteurs tout en créant davantage de valeur pour nos 55 000 actionnaires et pour l’économie dans son ensemble.
Quels sont les principaux axes de diversification retenus par le SIT pour assurer sa pérennité ?
Notre diversification s’appuie sur quatre piliers qui dessinent l’avenir du SIT. Nous continuons à cultiver nos racines à travers l’agriculture, tout en explorant de nouveaux horizons avec les cultures vivrières. Nous faisons également de l’immobilier un moteur de croissance durable, tandis que les énergies renouvelables ouvrent la voie à un développement plus vert et plus résilient. Enfin, la valorisation de nos actifs nous permet de renforcer nos fondations financières. L’objectif est clair : bâtir un SIT plus solide, plus innovant et mieux préparé aux défis de demain.
« La restructuration en cours constitue l’une des pierres angulaires de notre plan stratégique 2026-2030. »
L’avenir du SIT passera par de nouveaux investissements. Quels sont les projets qui retiennent aujourd’hui votre attention ?
Nos priorités s’articulent autour de projets à forte valeur ajoutée dans l’immobilier, l’énergie et l’agriculture. Nous poursuivrons notamment le développement des morcellements résidentiels de Belle-Rive ainsi que les prochaines phases du projet Auréa. Dans le domaine énergétique, plusieurs projets sont envisagés à Carreau-Acacia, Saint-Avold, Virginia et Belle-Rive afin d’accompagner la transition vers les énergies renouvelables.
Parallèlement, nous continuons à investir dans l’agriculture avec un objectif ambitieux de replantation de 500 arpents de canne d’ici 2029, tout en renforçant notre contribution à la sécurité alimentaire à travers le Food Resilience Scheme. La valorisation de nos actifs stratégiques, notamment The Core, NG Tower et la pépinière de Britannia, demeure également au cœur de notre feuille de route.
De quelle manière le SIT entend-il renforcer son soutien aux petits planteurs tout en créant davantage de valeur pour ses actionnaires ?
Cela passe non seulement par une gestion responsable de nos terres, mais également par de nouvelles opportunités d’investissement destinées à renforcer la pérennité de l’institution. En parallèle, nous continuons d’accompagner les petits planteurs à travers l’accès aux terres, la mécanisation, la replantation et le développement de projets générateurs de revenus. L’objectif est de créer un cercle vertueux où la croissance du SIT bénéficie directement à ses actionnaires et aux communautés agricoles qui constituent son socle historique.
« Le SIT a déjà identifié 350 arpents pour des projets solaires et agrivoltaïques à fort potentiel. »
Comment le SIT intègre-t-il les impératifs du changement climatique dans sa stratégie de développement et d’investissement ?
Le changement climatique est aujourd’hui une réalité qui influence directement nos choix stratégiques. Nous veillons à intégrer les principes de durabilité dans l’ensemble de nos projets, notamment à travers le développement des énergies renouvelables, l’agrivoltaïsme et le soutien à une agriculture plus résiliente. Notre ambition est de bâtir un modèle de croissance capable de conjuguer performance économique, responsabilité environnementale et création de valeur sur le long terme.
Quelle place accordez-vous aux énergies renouvelables et à la transition verte dans votre stratégie ?
La transition énergétique est au cœur de notre plan stratégique 2026-2030. Environ 350 arpents ont été identifiés pour des projets photovoltaïques et agrivoltaïques, en partenariat avec des opérateurs spécialisés. Un Energy Efficiency Committee a également été mis en place afin de réduire la consommation énergétique interne. Plusieurs mesures ont déjà été introduites, notamment le télétravail, l’optimisation des horaires de travail, la sensibilisation aux économies d’énergie et l’encouragement du covoiturage.
Au-delà des projets d’investissement, quelles mesures sont mises en place pour renforcer la transparence et l’efficacité au sein du SIT ?
Une restructuration est actuellement en cours et constitue l’un des piliers du plan stratégique 2026-2030. Le groupe a été réorganisé autour de ses axes stratégiques, avec un renforcement des contrôles financiers, du suivi des projets et des procédures internes. L’objectif est d’améliorer l’efficacité, la transparence et de restaurer la crédibilité de l’institution.
« La dette de Rs 1,6 milliard demeure notre principal défi financier »
Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, comment le SIT entend-il séduire de nouveaux investisseurs et partenaires stratégiques ?
Le SIT dispose d’atouts solides : un portefeuille foncier conséquent, des projets à fort potentiel et une présence dans plusieurs secteurs clés. Après avoir restauré sa stabilité financière et clarifié sa stratégie, le groupe offre davantage de visibilité aux investisseurs. Nous développons des projets structurés dans les secteurs de l’énergie, de l’immobilier et de la sécurité alimentaire, tout en restant ouverts à des partenariats susceptibles d’apporter expertise et innovation.
L’ouverture à de nouveaux partenariats s’accompagne souvent de nouveaux défis. Quels sont aujourd’hui les principaux enjeux financiers et structurels auxquels le SIT est confronté ?
Le principal défi demeure le poids de la dette, estimée à Rs 1,6 milliard en 2025, qui a nécessité une restructuration majeure. L’autre enjeu réside dans la transformation d’un modèle économique historiquement dépendant du sucre. Le SIT accélère donc sa diversification afin de générer des revenus plus stables et durables, tout en poursuivant sa restructuration organisationnelle.
Pour terminer, quel engagement souhaitez-vous réaffirmer auprès des actionnaires et des bénéficiaires du SIT ?
Je souhaite réaffirmer notre engagement à bâtir un SIT plus solide, plus innovant et plus durable, au service de nos 55 000 actionnaires et bénéficiaires. Notre ambition est de créer de la valeur sur le long terme tout en accompagnant les grandes priorités nationales, notamment la sécurité alimentaire, la transition énergétique et le développement durable. Nous voulons faire du SIT un acteur de confiance, ré

