Leptospirose : 142 cas et un décès à La Réunion

ByRédaction

April 27, 2026

L’Agence régionale de santé de La Réunion tire la sonnette d’alarme face à une hausse marquée des cas de leptospirose depuis le début de l’année. Au 15 avril 2026, 142 cas ont été recensés, dont un décès, confirmant une intensification préoccupante de cette maladie endémique sur l’île.

Selon Agence Régionale de Santé La Réunion, le pic observé en mars 2026, avec 66 cas, dépasse le précédent record mensuel enregistré en mars 2024. Cette évolution traduit une recrudescence saisonnière particulièrement élevée, favorisée par les conditions climatiques de l’été austral, propices à la survie de la bactérie dans les milieux humides et les eaux douces.

Les données sanitaires révèlent une situation préoccupante : 61 % des personnes infectées ont nécessité une hospitalisation, et parmi elles, près d’un tiers ont été admises en soins critiques. Les services d’urgence ont enregistré 73 passages liés à la maladie, dont une majorité a conduit à une prise en charge hospitalière. Un décès est également en cours d’analyse par un comité médical.

Le profil des patients met en évidence une forte prédominance masculine, représentant 89 % des cas, avec une majorité de personnes âgées de 45 à 74 ans. Géographiquement, les régions du Sud et de l’Est sont les plus touchées, notamment dans plusieurs communes où les activités agricoles et les environnements humides sont fréquents.

Les enquêtes menées par les autorités sanitaires, en collaboration avec Santé publique France, identifient plusieurs facteurs de risque majeurs. Les activités agricoles et de jardinage arrivent en tête, suivies de l’élevage, des loisirs en eau douce et des travaux de nettoyage ou de déblaiement. La présence de plaies non protégées et la marche pieds nus ou en chaussures ouvertes dans des zones contaminées augmentent significativement les risques d’infection.

Face à cette situation, l’ARS a renforcé ses actions, notamment en intensifiant la surveillance épidémiologique et en menant des enquêtes environnementales autour des cas identifiés. Des campagnes de prévention de proximité ont également été déployées dans les zones les plus touchées, accompagnées d’une mobilisation accrue des professionnels de santé pour favoriser un diagnostic précoce. La campagne de vaccination, lancée en septembre 2025, se poursuit avec le vaccin Spirolept, destiné à prévenir les formes graves.

La leptospirose, transmise de l’animal à l’homme par contact avec des milieux contaminés, peut provoquer des symptômes sévères tels que fièvre brutale, douleurs musculaires, fatigue intense ou troubles digestifs. Les autorités recommandent de consulter rapidement un médecin en cas de signes évocateurs et de signaler toute activité à risque récente.

Pour limiter la contamination, il est conseillé d’éviter les eaux stagnantes, de porter des équipements de protection adaptés lors d’activités à risque, de couvrir toute plaie et de privilégier la vaccination pour les personnes exposées.

Les autorités sanitaires assurent maintenir une vigilance étroite et adapteront leurs mesures en fonction de l’évolution de la situation.

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