La diplomatie mauricienne a engrangé une autre victoire importante cette semaine alors que l’accord entre Londres et Port-Louis semblait être dans une impasse. C’est à ce moment-là que les Maldives en ont profité pour semer la zizanie dans ce dossier complexe. Mais le soutien de Donald Trump cette semaine sur le sujet est sans doute venu refroidir leurs ardeurs.
Selon un article publié le dimanche 25 janvier par le journal en ligne bangladais The Deltagram, le président des Maldives, Mohamed Muizzu, a affirmé que son pays « détient la revendication la plus solide en matière de souveraineté sur l’archipel des Chagos, territoire stratégique de l’océan Indien ». Il a appelé le Royaume-Uni à reconnaître la position de Malé plutôt que de transférer le contrôle de l’archipel à Maurice.
Une position jugé intenable au regard du droit internationale. Car toutes les instances internationales que ce soit l’Organisation des Nations Unies, la Cour de Justice Internationale à La Haye ou encore le Tribunal du droit de la mer ont déjà déterminé que Maurice reste le seul état à avoir la souveraineté sur l’archipel de toutes les convoitises.
Ce n’est pas la première tentative des Maldives d’essayer de changer le cours de l’histoire. Alors que ce petit état insulaire aurait dû être solidaire de la démarche mauricienne, à travers l’Union Africaine, il avait choisi de se ranger du mauvais côté de l’histoire en 2019 en étant parmi les seuls six pays à ne pas soutenir la demande de décolonisation complète de Maurice.
Les Maldives ont voté contre la résolution de l’ONU en 2019 concernant le retour des Chagos à Maurice principalement pour défendre leurs propres intérêts maritimes et territoriaux. Le litige portait sur la délimitation de la Zone Économique Exclusive (ZEE) dans l’Océan Indien, les Maldives contestant les revendications de Maurice sur les eaux entourant l’archipel des Chagos.
Le 22 mai 2019, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution historique en faveur de la souveraineté de l’île Maurice sur l’archipel des Chagos, exigeant le retrait du Royaume-Uni dans les six mois. Ce vote massif (116 voix pour, 6 contre, 56 abstentions) a suivi l’avis de la Cour internationale de Justice.
Bien que le Royaume-Uni ait initialement ignoré cette résolution, ce vote a marqué un tournant diplomatique décisif, conduisant à des négociations qui ont abouti à l’annonce de la rétrocession des Chagos à Maurice en 2024. Ainsi sous Liz Truss, mais surtout sous Keir Starmer, le dossier a énormément évolué avec un accord depuis 2024 pour la rétrocession de l’archipel.
En 2021, le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) a rejeté les objections des Maldives, affirmant que la souveraineté de Maurice sur les Chagos est établie, affaiblissant la position maldivienne qui tentait de négocier directement avec Londres.
La position maldivienne est surprenante puisqu’en octobre 2022, Abdulla Shahid, ministre des Affaires étrangères des Maldives, a déclaré que ce pays a décidé de voter en faveur de Maurice aux Nations unies concernant la souveraineté des Chagos. Et ceci, basé sur les relations entre les deux pays et la politique anticoloniale adoptée par l’assemblée générale des Nations unies.
Ainsi, dans un communiqué de presse, le ministre a expliqué que les Maldives ont changé leur position après avoir voté contre Maurice à l’assemblée générale des Nations unies en 2019. L’État maldivien a donc décidé de soutenir Maurice au lieu du Royaume-Uni aux Nations unies. Ce litige devant le Tribunal du Droit de la mer diffère de la cause de souveraineté des Chagos, a-t-il souligné.
Aujourd’hui, les Maldives veulent à tout prix récupérer les 45 331 km2 de ZEE assignés à Maurice lors d’un jugement du TIDM en avril 2023. Cette instance a décidé que la zone en chevauchement devait être partagée en utilisant la méthode de l’équidistance, en excluant tout point sur le récif de Blenheim. Par conséquent, 47 232 km2 ont été attribués aux Maldives et 45 331 km2 à Maurice.
Pourtant en fin janvier 2026, le président Muizzu a réaffirmé son opposition à l’accord entre le Royaume-Uni et Maurice sur le transfert de souveraineté des Chagos, craignant que cela ne valide définitivement la perte de territoire maritime maldivien.
La position de Donald Trump
Donald Trump a fait comprendre jeudi après une conversation avec le Premier ministre britannique Keir Starmer qu’il acceptait la restitution à l’île Maurice par le Royaume-Uni des îles Chagos, mais a prévenu qu’il défendrait la présence militaire américaine dans cet archipel de l’océan Indien.
«Je comprends que le premier ministre Starmer a passé le meilleur accord possible», a écrit le président américain, qui avait dans un premier temps vivement critiqué la décision de Londres, sur son réseau Truth Social. «Mais si cet accord de bail échoue dans un futur proche ou si quiconque menace ou met en péril les opérations et les forces américaines sur notre base, je me réserve le droit de protéger militairement et renforcer la présence américaine à Diego Garcia», a-t-il ajouté, en référence à la base américano-britannique hautement stratégique située sur l’île principale de l’archipel.
Sans mentionner les Maldives
A aucun moment, le puissant président des Etats-Unis n’a mentionné les Maldives qui a voulu s’installer en porte à faux sur ce dossier pour tenter de récupérer l’archipel. Or la vérité c’est qu’ils n’ont aucun droit sur les Chagos. Pourtant, les Maldives ont récemment déployé des drones et des navires de la Garde côtière dans la zone sud pour patrouiller les eaux qu’elles considèrent comme faisant partie de leur ZEE historique, malgré le jugement du tribunal.
Mais leurs tours de forces, les Maldives n’impressionnent personne. Qu’ils essaient seulement de se rapprocher de Diego Garcia et goûteront sans doute les rafales des B-52 qui y sont stationnés. En attendant, ils doivent présenter leurs excuses à l’Ile Maurice.

