La Mauritius Prison Service (MPS) a procédé à une importante opération de destruction des objets prohibés saisis dans les établissements pénitentiaires du pays. Organisée au Prison Training School de Beau-Bassin, l’exercice a permis d’éliminer des milliers d’articles confisqués au cours des sept dernières années, dont 1 362 téléphones portables, considérés comme l’une des principales menaces pour la sécurité carcérale.
Au total, 1 362 téléphones mobiles, 284 cartes SIM, trois cartes mémoire, deux drones, 10,64 kg de cigarettes, ainsi que des armes artisanales, des denrées alimentaires et divers autres objets interdits ont été détruits sous la supervision du Commissaire des prisons, Rashid Ali Beekun.
Selon les registres du Prison Intelligence Office, ces téléphones ont été saisis entre 2019 et le 30 juin 2026. L’année 2025 a enregistré le plus grand nombre de saisies, avec 291 appareils, tandis que 223 téléphones avaient déjà été confisqués au cours des six premiers mois de 2026. Chaque objet récupéré est identifié, enregistré et conservé dans un coffre sécurisé jusqu’à ce que son élimination soit autorisée.
Le « pelting », principal mode d’introduction de la contrebande
Le Commissaire des prisons a rappelé que les téléphones portables demeurent les objets les plus préoccupants, car ils permettent aux détenus de communiquer illégalement avec l’extérieur, de coordonner des activités criminelles et de faciliter l’introduction d’autres produits de contrebande.
Il a expliqué que la méthode la plus couramment utilisée pour faire entrer ces objets est le « pelting », une pratique consistant à lancer des colis par-dessus les murs des prisons à des heures précises convenues avec les détenus. D’autres objets sont introduits clandestinement lors des visites familiales, dissimulés dans des effets personnels autorisés, ou encore pendant les transferts de prisonniers vers les hôpitaux ou les tribunaux.
Rashid Beekun a reconnu que certaines enquêtes ont révélé l’implication présumée d’un nombre limité d’agents pénitentiaires dans l’introduction de contrebande en échange d’avantages financiers. Les officiers concernés sont immédiatement retirés de leurs fonctions opérationnelles pendant les investigations et s’exposent à des procédures disciplinaires et judiciaires.
Le Commissaire a insisté sur le fait que la MPS applique une politique de tolérance zéro envers toute forme de corruption.
Pour lutter contre ces trafics, la Mauritius Prison Service a renforcé son dispositif de sécurité en s’appuyant davantage sur le renseignement pénitentiaire, des fouilles inopinées des cellules et des enceintes carcérales, des contrôles systématiques des détenus, des visiteurs et des véhicules, ainsi qu’une surveillance accrue.
« Personne n’est exempté des contrôles de sécurité, quel que soit son rang, y compris moi-même lorsque j’entre dans une prison », a déclaré le Commissaire, précisant que les véhicules de transport pénitentiaire font eux aussi l’objet d’inspections régulières.
Il a également souligné que des objets du quotidien, comme des brosses à dents ou des morceaux de métal, sont parfois transformés en armes artisanales à l’intérieur des prisons.
Concernant les deux drones saisis, Rashid Beekun a indiqué que cette technologie pourrait prochainement être utilisée par l’administration pénitentiaire elle-même afin de surveiller les abords des établissements carcéraux et de détecter plus rapidement les tentatives d’introduction d’objets interdits.
Enfin, il a précisé que la destruction des téléphones, batteries et autres équipements électroniques est réalisée en collaboration avec des entreprises spécialisées, dans le respect des normes environnementales en vigueur.



