Depuis plusieurs mois, de nombreux habitants observent avec inquiétude la disparition rapide des feuilles de leurs pruniers de Cythère. Le « Hog Plum Beetle », insecte invasif originaire d’Asie du Sud-Est, ravage les arbres et menace cette culture emblématique.
Des vidéos et photos de citoyens, comme celle de Jayraj Ramdani, alertent les autorités et sensibilisent le public à l’urgence de la situation.
Une prolifération rapide et destructrice
Ces insectes inhabituels suscitent la consternation à travers l’île. Les habitants voient leurs pruniers de Cythère se retrouver dénudés en seulement quelques semaines. Parmi les premiers à alerter, Jayraj Ramdani a partagé une vidéo montrant des arbres complètement dépourvus de feuilles, incitant les autorités à agir rapidement.
« J’ai filmé mes pruniers parce que je ne pouvais plus croire ce que je voyais », confie Jayraj Ramdani. « Les feuilles disparaissaient jour après jour, et les fruits n’ont jamais eu le temps de mûrir. » Son initiative a encouragé d’autres cultivateurs et passionnés de jardinage à travers Quatre Bornes, Triolet, Plaine des Papayes, Dépinay, Vacoas et Montagne Longue à signaler les infestations dans leurs vergers.
« Mo pa koner ki sa bebet la. Mais bizin fer l’autorite koner. Sa pe mange tou ban feuilles et zot pe peupler extra vite », lance-t-il. Outre Jayraj Ramdani, plusieurs habitants expriment leur inquiétude face à cette invasion. C.G.T., résident de Quatre Bornes, raconte : « Nos arbres disparaissent sous nos yeux. Il faut une réponse rapide des autorités avant que les dégâts ne deviennent irréversibles. »
Comment l’insecte est-il arrivé sur le territoire ?
L’insecte dont il est question serait le « Hog Plum Beetle », connu scientifiquement sous le nom de Podontia quatuordecimpunctata. Il s’agit d’un coléoptère ravageur originaire d’Asie du Sud-Est. Ce petit insecte, reconnaissable à son dos noir parsemé de taches claires, souvent quatorze points, se nourrit des feuilles des pruniers de Cythère (Spondias dulcis).
Ses larves comme ses adultes provoquent une défoliation massive, pouvant laisser un arbre complètement nu en quelques semaines, ce qui fragilise sa croissance et réduit considérablement sa production de fruits.
L’origine exacte de cette invasion reste incertaine. Certaines hypothèses évoquent une introduction accidentelle via l’importation de plantes ou de fruits, ou encore un transport involontaire dans des cargaisons en provenance d’Asie du Sud-Est.
Des solutions biologiques et préventives à l’étude
Face à cette menace, le ministère de l’Agriculture explore diverses solutions. Parmi celles-ci figure l’utilisation du champignon Beauveria bassiana, capable de parasiter le coléoptère, ainsi que l’introduction de punaises prédatrices telles que Eocanthecona furcellata, déjà utilisées avec succès dans d’autres pays.
Selon un officier du département d’entomologie, des traitements chimiques peuvent être envisagés en cas d’infestation sévère, mais ils restent une solution ponctuelle. L’objectif est d’adopter une stratégie biologique durable, combinant surveillance, prévention et interventions ciblées afin de protéger les arbres et limiter les pertes économiques.
« Nous collaborons avec des scientifiques d’Afrique du Sud pour identifier un prédateur naturel efficace et sûr pour notre écosystème. Toute introduction doit être étudiée avec précaution afin d’éviter de nouveaux déséquilibres », souligne-t-il.

