L’enquête sur le vaste réseau de trafic de drogue entre Madagascar et Maurice prend un nouveau tournant. La comparution de Jean Noel Ferry, principal suspect malgache, devant le tribunal d’Antananarivo cette semaine a confirmé la collaboration active entre la Financial Crimes Commission (FCC), le bureau de l’Attorney General mauricien et les autorités judiciaires malgaches. Selon des sources proches du dossier, les échanges entre les deux pays se sont intensifiés après la transmission d’un rapport préliminaire du Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo à la FCC.
L’un des noms cités dans ce rapport, Wendip Appaya, est attendu la semaine prochaine devant la FCC pour être entendu. Il devra donner sa version des faits sur son rôle présumé dans cette affaire qui relie plusieurs territoires de l’océan Indien. Les enquêteurs malgaches affirment qu’il aurait entretenu des contacts directs avec des intermédiaires basés à Antananarivo, responsables de l’acheminement de cargaisons en provenance d’Asie. Le rapport complet du PAC est toutefois encore attendu par la partie mauricienne.
Interpol sur la piste de « Vida Loca »
Autre élément clé : les autorités mauriciennes auraient sollicité l’assistance d’Interpol pour localiser un certain « Vida Loca », considéré comme le chef du réseau. Il résiderait habituellement en Thaïlande, mais aurait quitté le pays il y a plusieurs semaines. Cette piste asiatique est désormais une priorité pour les enquêteurs, qui cherchent à démanteler la filière reliant le Pakistan, la Thaïlande, Madagascar, La Réunion et Maurice.
Parallèlement, Jean Lino Albert, un autre protagoniste présumé, reste introuvable. Son arrestation avait été évoquée depuis plusieurs semaines. Installé à Saint-François, Petit Raffray, il supervisait récemment des travaux de construction de villas sur un terrain appartenant à deux autres Mauriciens identifiés comme « Kevin » et « Rony ». Son absence alimente les rumeurs selon lesquelles il aurait quitté discrètement le pays.
Toujours incarcéré à la prison de Tsiafahy, le lanceur d’alerte Jean Noel Ferry aurait reçu la visite d’agents du PAC pour des interrogatoires complémentaires. Il aurait, selon ses proches, exprimé le souhait d’obtenir une libération conditionnelle en attendant la fin de l’enquête. Sa comparution cette semaine, qualifiée de « procédure de routine », confirme néanmoins que la communication judiciaire entre Port-Louis et Antananarivo reste pleinement active. De nouveaux développements sont attendus dans les prochains jours.

