Silver Bank : les investisseurs français déclarent la guerre, la FCC déploie l’offensive mondiale

ByRédaction

May 4, 2026
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 Après des mois d’attente, de silence institutionnel et d’incertitudes, les investisseurs notamment français, réunionnais et mauriciens haussent le ton. Désormais, place à l’action : plusieurs d’entre eux ont officiellement saisi la justice, déterminés à récupérer des fonds toujours bloqués et à faire éclater la vérité sur ce qui s’apparente à l’un des plus graves scandales financiers récents sous le gouvernement MSM .

Face à ce qu’ils qualifient de « déni de transparence », des investisseurs français ont décidé de porter l’affaire devant les tribunaux. Leur objectif est clair : contraindre les autorités et les parties impliquées à rendre des comptes. Ils exigent notamment la mise en place d’une enquête forensique indépendante, capable de retracer avec précision les flux financiers ayant transité par la Silver Bank.

Selon leurs représentants, il ne s’agit plus seulement de récupérer des fonds, mais aussi de comprendre comment une institution bancaire a pu dériver à ce point sans déclencher d’alerte efficace. « Nous voulons savoir où est passé l’argent. Ce que nous voyons aujourd’hui dépasse l’entendement : c’est un véritable braquage légal de plusieurs milliards. Comment un ancien gouvernement a-t-il pu cautionner, voire laisser prospérer une telle dérive ? Derrière cette opacité totale, ce sont des défaillances systémiques graves qui ont permis à certains de jouer avec l’épargne des déposants en toute impunité. »

« C’est un braquage légal de plusieurs milliards : comment a-t-on pu laisser faire ça ? »

Dans ce contexte de pression croissante, la Financial Crimes Commission (FCC) a décidé d’intensifier ses investigations. Selon nos informations, plusieurs volets sont actuellement examinés : octroi de prêts douteux, possibles détournements de fonds, complicités internes et manquements aux obligations réglementaires.

Les enquêteurs s’intéressent particulièrement aux Rs 7,7 milliards de prêts accordés à des entités liées à Prateek Gupta, ainsi qu’aux Rs 18 millions supplémentaires qui auraient bénéficié directement ou indirectement à ce dernier. Des soupçons de blanchiment d’argent et de transfert illicite de capitaux à l’étranger sont également à l’étude.

La FCC travaille en étroite collaboration avec des partenaires internationaux, dans un dossier désormais à dimension transnationale. Des juridictions comme les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni ou encore les Seychelles pourraient être sollicitées pour retracer les flux financiers et identifier d’éventuels avoirs dissimulés.

Au cœur du scandale : une gestion jugée catastrophique. Les chiffres donnent le vertige. Sur un portefeuille de prêts estimé à Rs 8,3 milliards, pas moins de Rs 8,1 milliards sont considérés comme non performants. Un niveau de toxicité qui soulève de sérieuses questions sur les mécanismes de contrôle, tant au sein de la banque qu’au niveau des autorités de régulation.

L’absence de comptes audités pour les exercices 2022 et 2023 n’a fait qu’aggraver les soupçons. Aucun cabinet n’ayant accepté d’assurer l’audit, en raison notamment des controverses entourant Prateek Gupta, la crédibilité financière de l’établissement s’est effondrée.

Une responsabilité politique pointée du doigt

Au Parlement, le ton est monté d’un cran. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, n’a pas mâché ses mots, évoquant une « conspiration institutionnelle de premier ordre ». Il a dénoncé les conditions dans lesquelles la banque a été reprise par les Gupta, pointant du doigt des décisions jugées contraires aux règles établies.

En ligne de mire : l’autorisation accordée à Ginni Gupta de détenir plus de 75 % des parts de la banque, malgré une réglementation limitant normalement cette participation à 10 %. Une situation qualifiée de « scandaleuse » par le chef du gouvernement, qui y voit la preuve d’une dérive grave du système.

Des fonds publics exposés

L’affaire prend une dimension encore plus sensible avec l’implication de fonds publics. Au total, Rs 3,55 milliards avaient été investis par des organismes étatiques dans la Silver Bank. Au 28 février 2026, environ Rs 907 millions restaient encore exposés.

Parmi les entités concernées figurent notamment la National Insurance Co. Ltd, le Sugar Insurance Fund Board ou encore le Conseil municipal de Curepipe. Ces investissements, initialement destinés à soutenir la viabilité de la banque, sont aujourd’hui au cœur des préoccupations.

Parallèlement, une demande a été formulée auprès d’Interpol pour l’émission d’une notice rouge visant Prateek Gupta. Les autorités mauriciennes cherchent à établir les responsabilités et à localiser les individus clés du dossier. Cette coopération internationale s’annonce déterminante dans un dossier où les flux financiers semblent avoir transité par plusieurs juridictions offshores, compliquant considérablement leur traçabilité.

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