TRIBUNE : Quand la base dit NON

ByRédaction

March 23, 2026

Dans toute crise politique, il y a toujours deux lectures : celle des leaders… et celle du terrain. Ce qui se joue aujourd’hui au sein du MMM dépasse largement une simple divergence entre Paul Bérenger et ses troupes. C’est un basculement. Une rupture silencieuse. Et au cœur de ce tournant, un homme avance sans bruit mais avec efficacité : Ajay Gunness.

Depuis novembre, Ajay Gunness n’a pas fait de grands discours. Il n’a pas cherché la lumière. Mais en coulisses, il a travaillé. Méthodiquement. Stratégiquement. Il a compris une chose essentielle : la base du MMM ne suivrait pas aveuglément une “course folle” vers la rupture. Alors, il a structuré. Il a parlé. Il a rassemblé. Et surtout, il a résisté.

Ils sont aujourd’hui appelés le « gang des 16 ». Mais derrière ce nom, il y a une réalité bien plus profonde. Ce sont ceux qui n’ont pas voulu partir. Ceux qui ont refusé de suivre une logique de confrontation sans issue. Ceux qui ont dit : assez.

Dans un parti habitué à la discipline quasi militaire, ce geste est fort. Très fort. Car dire non à son leader historique, ce n’est pas anodin. C’est un risque. C’est un choix. Et c’est surtout un message clair : le MMM ne peut plus fonctionner comme avant.

Ces 16 ne sont pas des rebelles sans cap. Ils incarnent au contraire une volonté de stabilité, de cohérence… et de réalisme politique. Dans cette dynamique, Ajay Gunness apparaît comme le véritable point d’ancrage.

C’est lui qui a su canaliser les frustrations. C’est lui qui a empêché l’éclatement. C’est lui qui a donné une direction à ceux qui ne se reconnaissaient plus dans certaines décisions. En coupant les canaux de communication avec une ligne jugée trop radicale, il a, en réalité, évité une implosion totale. Et aujourd’hui, le résultat est là : un bloc solide, structuré, qui pèse désormais de tout son poids dans les équilibres politiques.

Pendant ce temps, Navin Ramgoolam observe. Il n’a pas eu besoin d’intervenir brutalement. Il a laissé les lignes bouger. Il a laissé les contradictions internes faire leur œuvre. Et au final, il se retrouve face à un allié affaibli… mais à une majorité consolidée.

Car avec ces 16, ce n’est pas seulement un groupe qui émerge. C’est une nouvelle dynamique politique qui se dessine plus proche de la stabilité que de la rupture.Le constat est simple : le MMM tel qu’on l’a connu est en train de changer. D’un côté, un leader historique, contesté et isolé. De l’autre, une base qui s’organise, qui réfléchit, qui refuse de suivre sans comprendre. Ce n’est pas une trahison. C’est une évolution. Et peut-être même une nécessité.