Violence domestique :10 femmes tuées et 6 478 cas enregistrés, lance Arianne Navarre-Marie

ByRédaction

April 14, 2026

Répondant à la PNQ du Leader de l’Opposition sur la violence domestique et les féminicides à Maurice, la ministre Arrianne Navarre-Marie a rappelé que la protection des femmes contre toutes formes de violence demeure une priorité du gouvernement.

Elle a indiqué qu’entre janvier 2025 à ce jour, 10 femmes ont été tuées dans des contextes liés à la violence domestique ou conjugale, tandis que 6 478 cas d’agressions liées à la violence domestique ont été enregistrés. Parmi les victimes des féminicides, 7 avaient déjà signalé des faits de menaces, de harcèlement ou de violence aux autorités, ces dossiers étant toujours en cours d’enquête.

Face à cette situation, la ministre a annoncé la préparation d’un nouveau Domestic Abuse Bill, destiné à remplacer la législation actuelle sur la protection contre la violence domestique. Ce projet de loi vise à moderniser et renforcer le cadre légal en élargissant notamment la définition des relations concernées, incluant les partenaires intimes ne vivant pas sous le même toit ainsi que certaines configurations familiales.

Le texte prévoit également une définition plus complète des formes de violence, intégrant les abus physiques, sexuels, psychologiques et financiers. Arianne Navarre Marie a insisté sur le fait que le contrôle économique constitue également une forme de violence domestique à part entière.

Parmi les principales innovations, le projet de loi introduira une obligation de signalement pour les professionnels tels que les médecins, enseignants et travailleurs sociaux lorsqu’ils suspectent des cas de violence. Des “protection notices” pourront être délivrées par la police, notamment en urgence durant la nuit ou les week-ends, afin d’assurer une protection immédiate des victimes.

Le dispositif permettra aussi aux forces de l’ordre d’agir au nom des victimes lorsque celles-ci ne peuvent pas engager elles-mêmes les démarches, ainsi que de les accompagner pour récupérer leurs effets personnels. Les plaintes pourront être déposées dans n’importe quel poste de police, indépendamment du lieu des faits.

Le projet prévoit en outre des programmes obligatoires de counselling et de réhabilitation pour les auteurs de violence, dans une logique de prévention de la récidive.

La ministre a qualifié cette réforme d’un vrai changement, passant d’une approche essentiellement punitive à une stratégie globale combinant protection, prévention, responsabilisation et réhabilitation. Elle a rappelé que la violence domestique ne doit pas être considérée comme une affaire privée, mais comme un crime grave.

S’appuyant sur le rapport 2025 de la National Human Rights Commission, elle a également souligné que les féminicides représentent une crise des droits humains, souvent précédée d’un cycle de violence incluant contrôle coercitif, isolement, menaces et abus psychologiques.

Sur le plan opérationnel, elle a indiqué que 119 campagnes de sensibilisation ont été menées en 2025, touchant 4 450 personnes, dont 3 309 femmes et 1 141 hommes. Des formations multisectorielles ont également été organisées pour renforcer la réponse institutionnelle face aux violences basées sur le genre, avec la participation de 50 représentants de divers organismes, ainsi que la formation de 35 policiers et 20 cadres supérieurs.

La ministre Arianne Navarre Marie a annoncé le renforcement des actions de prévention, notamment à travers des campagnes de sensibilisation dans les écoles, les communautés et les médias, ainsi que l’amélioration des mécanismes de détection précoce des situations de violence.

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