Vision 2050 : un nouveau cadre stratégique pour l’économie mauricienne

ByRédaction

December 19, 2025

Le Premier ministre a officiellement lancé les consultations nationales sur Vision 2050. Étendues sur une période de quatre mois, ces consultations visent à poser les bases d’une transformation profonde de Maurice, avec l’ambition de faire accéder le pays au statut d’économie à revenu élevé, dans un cadre inclusif et durable.

S’inscrivant dans le cadre du Government Programme 2025-2029, Vision 2050 constitue un exercice de planification stratégique de long terme, destiné à orienter le développement socio-économique du pays sur les vingt-cinq prochaines années. Le lancement s’est déroulé en présence du ministre des Services financiers et de la Planification économique, Dr Jyoti Jeetun, de plusieurs ministres et parlementaires, de membres du corps diplomatique, de capitaines d’industrie ainsi que de nombreuses personnalités du secteur public et privé. L’événement était organisé par le ministère des Services financiers et de la Planification économique.

Trois piliers majeurs ont été définis comme axes transversaux de ces consultations nationales : la prospérité, la durabilité et l’inclusion.

« Vision 2050 n’est pas une projection passive »

Dans son allocution, le Premier ministre a insisté sur le fait que Vision 2050 ne doit pas être perçue comme une simple projection, mais comme un manifeste actif, conciliant les besoins immédiats du pays avec une croissance durable et inclusive. Il a souligné que cette vision placera les familles au cœur du développement, garantissant à chaque citoyen un accès équitable aux opportunités économiques et sociales.

Il a rappelé l’objectif clair de rejoindre le cercle des économies avancées d’ici 2050, en embrassant pleinement les technologies de rupture telles que l’intelligence artificielle, la robotique et les services numériques. Selon lui, l’investissement dans la montée en compétences de la main-d’œuvre locale est incontournable, afin que tous — des professionnels expérimentés aux étudiants — puissent s’approprier ces nouveaux outils.

Vers une économie à haute valeur ajoutée

Le chef du gouvernement a également mis l’accent sur la nécessité de transitionner vers une économie à hauts salaires, fondée sur la création d’emplois résilients et qualifiés, notamment dans des secteurs comme la FinTech, les sciences médicales, et les services à forte valeur ajoutée. Vision 2050, a-t-il indiqué, visera à élargir la base économique tout en préservant le bien-être des citoyens.

Parmi les priorités identifiées figurent le développement de nouveaux moteurs de croissance tels que l’IA, les services digitaux, l’économie bleue, les énergies renouvelables, l’industrie créative, la fabrication avancée, la finance verte et durable, ainsi que le tourisme à haute valeur ajoutée.

Réformes structurelles et durabilité au cœur du projet

Vision 2050 entend également repenser le système éducatif et la formation tout au long de la vie, renforcer la résilience climatique, accélérer la transition vers les énergies renouvelables, promouvoir une agriculture durable et circulaire, et assurer la protection du lagon et des écosystèmes marins.

Le Premier ministre a aussi souligné l’importance de soins de santé robustes et accessibles, de la consolidation des valeurs de respect, justice, mérite et tolérance, ainsi que de la promotion de la citoyenneté active, du renforcement démocratique et de la modernisation de l’administration publique.

Un processus participatif et inclusif

De son côté, la ministre Jyoti Jeetun a indiqué que Vision 2050 représente une opportunité pour Maurice d’effectuer un saut qualitatif majeur, à l’image de pays ayant réussi leur transformation, tels que Dubaï ou le Rwanda. Elle a précisé que les consultations comprendront des dialogues nationaux dans tous les districts, des tables rondes sectorielles avec les entreprises, les associations professionnelles et le monde académique, des forums dédiés à la jeunesse, ainsi qu’une implication active de la société civile et des ONG.

Le secteur privé sera engagé comme partenaire stratégique en matière d’investissement, d’innovation et de création d’emplois, afin d’aligner la planification publique de long terme avec les stratégies économiques privées.